Le 14 juillet 1936 vu par Willy Ronis

Le cliché a été pris en 1936. Viennent alors d’être signés, le 7 juin, les accords de Matignon par lesquels le patronat concède une augmentation générale des salaires, la semaine des 40 heures et deux semaines de congès payés pour tous les salariés.

Le 14 juillet 1936, la population ouvrière de Paris fait la fête. Cette photographie est la première que Willy Ronis vendra à un journal, c’est par elle qu’il devient photographe professionnel.

En arrière plan, floue mais reconnaissable à ses lignes caractéristiques, se dresse la façade d’un immeuble Haussmannien. Au premier et au deuxième plan, le flot des manifestants.

Parfaitement exposée, avec ses noirs denses et ses blancs éclatants, l’image est aussi composée avec soin. Il y a en effet un grand équilibre entre le vide au dessus des têtes et les personnages répartis de manière uniforme au bas de l’image. Les poings levés, les hampes des drapeaux et les poteaux de la rue rythment la lecture.

Le premier plan, flou, met en évidence les personnages principaux de la photographie : la petite fille au bonnet phrygien assise sur les épaules d’un adulte dont on suppose que c’est son père. A gauche sur le même plan, s’étalant à l’horizontale jusqu’à sortir du cadre, un drapeau tricolore frappé d’un bonnet phrygien flotte au vent.

Cette photographie est la synthèse d’une époque. Celle du gouvernement de Front Populaire qui, jusqu’à la chute de Léon Blum en juin 1937, tentera d’imposer à la bourgeoisie, dans le respect des institutions républicaines, des lois favorables à la classe ouvrière. C’est cette république française là qu’on célèbre rue de Rivoli ce 14 juillet 1936, devant l’objectif du 6*9 à soufflet de Willy Ronis.

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