Benoît Hamon fonde Génération⋅s

Juste après les élections présidentielles (où il avait fait 6,36 % des voix au premier tour), Benoît Hamon avait quitté le Parti socialiste et fonder, dans la douleur, le mouvement du premier juillet (2017), le M1717. Il n’y avait ni cadres politiques ni socle politique, mais l’idée était de profiter d’un élan de sympathie pour former quelque chose de nouveau.

Benoît Hamon savait avec justesse que, en comparaison à un Parti socialiste très marqué au centre-gauche et à un Jean-Luc Mélenchon populiste au possible, il y avait un large espace pour les gens de gauche.

On en sait désormais davantage, puisqu’il a profité de l’élan du M1717 pour fonder Génération⋅s. 1500 personnes étaient présentes pour cela ce samedi 2 décembre 2017 au palais du congrès du Mans, s’appuyant sur un questionnaire rempli par 28 000 personnes sur les 42 000 s’étant inscrit gratuitement à la plate-forme du M1717.

Le mouvement est composé surtout de cadres supérieurs, d’étudiants (tenant le principal syndicat étudiant, l’UNEF), de gens appartenant au sens très large aux « classes moyennes ».

Il ne se veut pas dans la tradition du mouvement ouvrier et pour cette raison, le nom du mouvement se veut donc résolument « moderne », en opposition complète avec la tradition (un parti centralisé, avec des congrès et des cadres, etc.) et les « gros mots » (socialiste, communiste, socialisme, communisme, ouvrier, etc.).

Les valeurs de Génération⋅s sont définies par conséquent comme suit : « égalité, écologie, démocratie, justice sociale et solidarité, internationalisme ».

Le charte donne comme objectif :

« Nous voulons fonder une nouvelle république démocratique et participative, écologique et sociale, laïque et décentralisée. »

Deux exemples peuvent aider à comprendre la nature du projet. Benoît Hamon a expliqué dans un discours que la nature du nouveau mouvement était le suivant :

« Notre Mouvement doit préfigurer la République que nous voulons, basée sur la démocratie continue »

La « démocratie continue » est un concept inventé par Maurice Thorez, à la toute fin des années 1950. Une citation de lui est très connue pour qui s’intéresse à l’histoire du mouvement ouvrier :

 « La démocratie, création continue, s’achèvera dans le socialisme. »

Sur le Twitter du nouveau mouvement Génération⋅s, on a aussi cette précision :

« Un nouvel espoir jaillit. Rénovons et chérissons cette démocratie en rhizome. »

Un rhizome est une structure qui se meut en permanence dans tous les sens, sans niveaux ni hiérarchie.

Il s’agit d’un concept philosophique inventé par Gilles Deleuze et Félix Guattari, auteurs de Mille plateaux. Cet ouvrage est le grand classique des universités américaines, de la théorie du genre, de « l’intersectionnalité des luttes », etc.

Si le monde est une sorte de gigantesque « rhizome », alors il n’y a plus de société mais des échanges innombrables entre individus. Une « démocratie en rhizome » serait alors une sorte d’alliance gigantesque entre les individus, sur une base de réciprocité.

Le projet de Benoît Hamon est de réguler le capitalisme pour permettre aux individus de s’épanouir en vaquant en quelque sorte à leurs occupations de la manière la plus aisée possible.

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