« Si je dis non elle se casse »

Quand on va chez le médecin ou chez le dentiste, on a souvent toute une presse qui est disponible, pour passer le temps. On peut être amener à se demander dans quelle mesure ce ne sont pas de véritables nids à microbes, que l’on se refile les uns aux autres !

Si l’on en voit des plus engageants, on peut en prendre un, comme par exemple le magazine Spirou, tout frais tout neuf. A quoi ressemblent donc les journaux pour enfants de nos jours ? Peut-on encore se plaindre de la qualité des dessins, réalisés par informatique, sans grâce ni densité ?
Et quelle surprise que de voir deux petites cases, dont le contenu semblait ô combien significatif, mais est-ce bien pour des enfants ?

Spirou - « Si je dis non elle se casse »

Comment, on explique déjà aux garçons que leur seul avenir sera d’être célibataire ou bien un « canard » ? On explique déjà aux filles qu’il faut agir en capitaliste, d’être toujours insatisfaite de ce qu’on a ou de ce qu’on peut avoir trop facilement ? Le capitalisme fait déjà des enfants des consommateurs, les préparant le plus tôt possible à s’élancer sur le « marché »…

Mais le marché de quoi ? De l’amour ? Du couple ? C’est un phénomène bien connu, que tout homme connaît, car la femme est condamnée dans cette société à devoir agir avec pragmatisme et efficacité.

Avec le couple, il faut désormais se tenir à carreau et l’homme « canardisé » ses anciennes valeurs, ses anciennes orientations, voire ses anciens amis, pour ne vivre socialement qu’à travers sa compagne dessinant un couple qui termine rapidement en petit regroupement traditionnel bunkérisé autour d’un enfant, avec une socialisation fondée sur l’acceptation complète de la société, malgré quelques velléités bobos de-ci de-là éventuellement, ou bien quelques parties de FIFA, autant que possible…

Est-il besoin de dire qu’il y a ici une source très importante de destruction de tout esprit de contestation ? On commence toujours le grand compromis dans sa vie en cherchant à ce que ses beaux-parents soient contents, on passe par la case mairie avec un certain contentement et voilà déjà des futurs parents ne comprenant rien à leurs adolescents, oubliant qu’ils ont été jeunes eux-mêmes. Et le cycle recommence.

Cela rappelle une carte postale vendu dans les librairies, avec une photographie du poète russe Vladimir Maïakovski, et une citation censée être de lui : « Toutes les femmes sont collantes et assommantes ; tous les hommes sont des vauriens. » Ce n’est pas très engageant et malheur à qui, homme ou femme, place la bienveillance est au cœur des préoccupations. Ce sera considéré comme un cœur de verre, devant se heurter à un cœur de pierre !

Car il faudrait savoir accepter le monde tel qu’il est, sans le changer. L’acceptation de la déformation de sa propre personnalité est le prix à payer pour être reconnu en tant qu’individu et donc d’avoir le mérite du maintien du couple intégré dans la société. Le capitalisme est une machine à détruire les romances.

Et qu’est-ce qu’être de gauche ? Assumer cette romance coûte que coûte, et non pas basculer dans le polyamour, le fait de coucher avec n’importe qui, l’individualisme hédoniste des grandes villes, avec leur vile décadence, masque d’un terrible vide intérieur..

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