Chasse à courre : un sympathisant d’AVA Bretagne entre la vie et la mort

Un opposant à la chasse à courre, violemment agressé par des chasseurs en forêt du Gâvre (Loire-Atlantique), est dans le coma depuis samedi 16 février. Les veneurs se montrent en effet de plus en plus violents face à la grande mobilisation démocratique et populaire contre cette pratique barbare.

Le collectif AVA, « Abolissons la Vénerie Aujourd’hui », connaît maintenant 19 groupes locaux et les veneurs sont régulièrement suivis par de nombreuses personnes filmant et surveillant leurs agissements en forêt. La répression contre ce mouvement démocratique a été importante depuis plus d’un an, avec l’approbation d’Emmanuel Macron qui soutient directement la chasse à courre.

> Lire également : L’ONF réclame 55 000 € à trois opposants à la chasse à courre

Il y a parallèlement à cela une violence exacerbée et récurrente depuis plusieurs semaines de la part des chasseurs, bien que les opposants respectent une stricte Charte prônant la non-violence et le respect des biens. Les différentes pages Facebook des groupes relatent souvent des faits graves, montrant qu’ils sont « fouettés, frappés, jetés dans des ravins, insultés, suivis jusque devant nos domiciles et menacés, [et que leurs] pneus de voitures sont régulièrement crevés, [leurs] caméras et téléphones [leur] sont volés… »

Voici le communiqué d’AVA Bretagne, suivis d’un second puisqu’une autre personne a été agressée dans la rue la nuit dernière :

« Samedi 16 février, en forêt du Gâvre, près de 300 veneurs nous attendaient. Avant même le début de la chasse, à l’arrivée de notre voiture, un veneur s’est précipité pour ouvrir notre portière et nous a invectivés avec rage puis a porté de violents coups de poings au visage de Frédéric, provoquant un saignement de nez important. Après cette agression, de nombreux veneurs l’ont provoqué malgré notre flegme et nos tentatives de les maintenir à distance.

En fin de journée, Frédéric fait un malaise et a été transporté aux urgences. Il est dans le coma depuis 6 jours. Il souffre de très graves lésions et d’un œdème cérébral. Son pronostic vital est engagé.

Il était venu ce jour là pour défendre pacifiquement ses idéaux. Il voulait simplement protéger la forêt et ses habitants en dénonçant une pratique qu’il juge barbare et faire entendre la voix des 84% de citoyens qui pensent, comme lui, qu’il faudrait l’abolir (sondage FBB/IFOP 2017).

L’auteur de l’agression est identifié, une enquête judiciaire est en cours et nous avons confié le dossier à un avocat pour nous assurer de son bon avancement.

Nous déplorons l’escalade sans limite constatée chaque semaine dans la violence manifestée par les veneurs à notre égard. Nous n’entendons pas nous laisser intimider et restons déterminés à faire valoir nos droits les plus stricts à manifester, au besoin par la voie judiciaire.

Nous vous tiendrons informé de son état de santé sur cette page.
Nos pensées vont à Frédéric, sa famille et ses amis.

AVA Bretagne »

« EDIT : Dans la nuit du jeudi 21 au 22 février, soit quelques heures après la publication du présent communiqué, un autre membre d’AVA Bretagne a été agressé dans la rue par des membres du même équipage de chasse à courre. Il est actuellement hospitalisé, cela à 24h d’une manifestations à Saint-Brieuc organisée par le collectif.

Malgré les violences et les menaces, notre détermination à continuer cette action pacifique pour dénoncer la chasse à courre se renforce chaque jour. Les méthodes mafieuses et anti-démocratiques employées par cette caste de notables se croyant au dessus des lois est toute représentative de l’univers que nous affrontons, et qui se dévoile chaque jour un peu plus.
Rejoignez un groupe AVA près de chez vous ! »