Acte XVII des gilets jaunes : l’échec de la bataille de Paris

L’acte XVII des gilets jaunes a été un fiasco par rapport aux prétentions initiales. Et il a montré que les gilets jaunes cherchent tous les moyens pour qu’il y ait une agitation, mais surtout pas de politique.

L’image de cet acte XVII des gilets jaunes, ce sont ces gens en train de danser avec un drapeau français, un drapeau palestinien, et un drapeau semblant être celui de la Roumanie. Est également passé celui de Cuba, avec le dessin du visage de Che Guevara. Du grand n’importe quoi, avec toujours une démarche primitive, pleine de féroce naïveté : les gilets jaunes s’imaginaient faire un sit in de deux jours à Paris, surtout sur les Champs-Élysées ! Maxime « Fly Rider » Nicolle avait fièrement expliqué : « on dormira sur place ». Et trente personnes rassemblées sous la tour Eiffel s’imaginaient littéralement pouvoir s’installer comme si de rien n’était…

Y voir une nature « populaire » est totalement erronée : le peuple, quand il s’exprime, est capable de politique. Les gilets jaunes sont, quant à eux, anti-politiques, au point d’accepter politiquement qu’il y ait eu au cours de leurs rassemblements 22 personnes éborgnées et cinq ayant une main arrachée suite aux actions de force de l’ordre, sans jamais entamer ne serait-ce qu’un embryon de réflexion sur le sens de l’Histoire, la nature de l’État, le rôle de la violence, la question des rapports de force.

Ici, on a simplement la plèbe, c’est-à-dire le peuple totalement imbriqué dans l’ordre dominant, protestant dans un cadre mental sans horizon à part l’immédiateté. Ce n’est même pas de l’empirisme, car cette philosophie s’appuie sur l’expérience ; c’est simplement du vitalisme. C’est véritablement la substance des gilets jaunes, pour qui en doutait encore.

Après dix-sept samedis, c’est donc toujours le néant, alors que la mobilisation continue son inéluctable effondrement. 160 000 personnes se sont mobilisées selon le très lyrique syndicat « France Police – Policiers en colère », et 28 600 selon le Ministère de l’Intérieur.

Les gilets jaunes espéraient pourtant beaucoup de leur acte XVII, alors que leur mouvement s’étiole. Leur objectif était double : d’abord, se concentrer sur Paris, ensuite essayer de former des ouvertures envers d’autres mouvements opportunistes cherchant à s’y agréger. Comprenant que la défaite est inéluctable, et qu’elle sera totale, les gilets jaunes ont ainsi essayé, encore une fois, de contourner la politique, en trouvant « autre chose ».

Eric Drouet a ainsi appelé les « quartiers » et les « gens de cité » à rejoindre les gilets jaunes, en s’appuyant sur l’agitation à Grenoble suite à la mort de deux jeunes ayant volé un scooter.

 

Des gilets jaunes ont bloqué le pont d’Iéna à Paris, conjointement avec des activistes luttant pour le climat (les associations Alternatiba et ANV-COP21 – Action non violente-COP21 )… ce qui a donné 50 personnes en tout. Ce sont des groupes féministes qui ont également ouvert le cortège parisien… dans un acte littéralement de masochisme vu le caractère beauf et ouvertement patriarcal du style « gilets jaunes »…

Un flashmob a eu lieu à l’aéroport parisien de Roissy pour protester contre sa privatisation… en essayant de surfer sur les protestations lancées à ce sujet, notamment par la Droite. À Nice, ce sont les « gilets roses », c’est-à-dire des assistantes maternelles, qui ont rejoint le cortège de leurs modèles.

De manière plus classique, un Monoprix a été pris pour cible à Caen, Auchan a connu des blocages à Saint-Omer, alors que Nantes a connu son habituel remue-ménage, cette fois dans la zone du centre-commercial Atlantis. Tout a été plus calme à Dijon, Lille, Nancy, Strasbourg, Rouen, Lyon, Saint-Brieuc, etc.

Et comme le prochain samedi, pour l’acte XVIII, ce sera le lendemain de la fin du grand débat, les gilets jaunes espèrent qu’alors tout reprendra. Ce qui encore une fois est un prétexte pour réfuter la question de la politique. Encore et toujours.

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