Les hommes démocratiques ne commettent pas d’agressions sexuelles

Les terribles affaires de viols au sein des JC ont montré à quel point à Gauche il y avait une perte de repère quant au principe de la morale. Il y a pourtant une morale de Gauche et celle-ci est culturellement supérieure ; qui n’admet pas cela est un libéral ou bien relève de l’idéologie de la post-modernité.

L’occasion fait le larron : tel est le point de vue de ceux et celles pour qui le viol est une arme propre aux hommes si on les laisse faire. Le viol relève ici de l’individu, de l’individu en tant qu’homme qui, en raison de son sexe, peut chercher à abuser, à violenter, à agresser sexuellement. Il s’agirait par conséquent de chercher à contrer cette tendance, en œuvrant de manière perpétuelle à la « déconstruction » de ce genre d’attitudes.

Aussi juste que puisse avoir l’air une telle démarche appelant les hommes à se remettre en cause, c’est une fiction totale. Le viol, les agressions sexuelles en général, relèvent en effet d’une attitude non démocratique et le niveau de conscience démocratique dépend de la société. Dans une société où la beauferie est largement ancrée, les agressions sexuelles émergeront inévitablement, étant produites socialement. Tant que la base est mauvaise, ce qui en sort ne sera jamais bon.

Il va de soi évidemment que les agressions sexuelles commises par les hommes s’appuient sur leur réalité sexuelle. Ce n’est cependant pas un phénomène isolé de tout le reste. Cette barbarie relève de la barbarie en général et il n’y a pas de différence de substance entre l’homme appréciant d’utiliser des armes, abandonnant son chien, nettoyant sa voiture avec ostentation, coupant une fleur sans état d’âme. C’est la même barbarie dans sa substance.

Les femmes n’expriment pas cette barbarie de la même manière, pour des raisons historiques, en raison de leur place secondaire forcée depuis l’époque de l’agriculture et de la domestication. Elles n’en sont pas moins contaminées elles-mêmes par la barbarie et expriment elles-mêmes des tendances destructrices, tel un cynisme cinglant, une violence psychologique à l’égard des enfants et en particulier des jeunes adolescentes, une indifférence outrageante envers les questions de société (c’est-à-dire la politique).

Mais tout cela est une question de culture et quand on parle de culture, on parle d’une société portant cette culture, et quand on parle de société, on parle d’une économie portant cette société. Les violences sexuelles ne naissent pas d’idées, mais d’un style de vie. On dit parfois, avec justesse, que la pornographie est l’idéologie du viol, ce n’est toutefois juste que si l’on voit que la pornographie est elle-même le produit de la société.

Il n’y aurait pas de pornographie sans l’ultra-libéralisme et l’esprit de consommateur, la pornographie naissant dans les pays scandinaves et en Californie comme vecteur soi-disant libérateur du désir individuel, dans les années 1960. Il s’agit là d’un style de vie enraciné dans une réalité économique.

La gauche post-moderne ne voit que des individus et ne peut proposer que de « déconstruire » des briques individuelles. Sans tradition social-démocrate, le fond à l’air démocratique au premier abord et la forme a l’air intéressante à première vue. Mais on se rend vite compte qu’il n’y a aucune perspective. Le seul but est de tout déconstruire…

La gauche post moderne ne propose rien d’autre qu’une remise à plat des rapports de concurrence entre entreprises et au sein de la société : plus de morale, plus de nature, plus rien… on repart de zéro et chacun peut choisir librement ce qu’il est, ce qu’il devient, avec qui il négocie, etc.

La Gauche historique, celle de la centralité ouvrière, raisonne en terme d’ensemble, de société, de culture, de mouvement, d’évolution, de Nature… Elle pose donc la question non pas en terme d’individus mais en terme de culture : il faut une rupture avec les valeurs dominantes, il faut une culture socialiste, un ordre nouveau.

Voilà pourquoi les hommes moraux ne violent pas. Si leur morale est juste – et elle l’est quand on est véritablement démocratique, ancré à gauche et dans l’histoire de la Gauche – alors ils restent inébranlables. Ce n’est pas qu’ils ne cèdent pas à la « tentation » ou qu’ils se refrènent ; c’est simplement qu’ils ne prennent pas leur partenaire féminin pour un objet, qu’ils ne se retrouvent pas dans une situation où la réalité personnelle de l’autre est niée.

Ils n’ont rien déconstruit chez eux ; ils ont simplement fait attention à ce que les rapports avec l’autre personne soient authentiques et démocratiques. Et il va de soi que cela n’est pas possible dans un milieu où règnent l’alcool et les drogues, où le niveau culturel est terriblement faible et où il n’y a donc aucun moyen d’être réellement démocratique, parce qu’on est incapable de faire face à tous les paramètres, parce qu’on n’est pas en mesure de suivre ce qui se passe.

Aucun rapport démocratique ne peut non plus avoir lieu dans une relation marchande, dans une relation déséquilibrée en raison de l’âge (avec l’expérience que cela implique) ou des rapports hiérarchiques. Voilà pourquoi il n’est pas moral pour un médecin d’avoir un rapport sexuel avec une patiente, pour un homme d’avoir une compagne bien plus jeune, pour un patron de se marier avec sa secrétaire en quittant sa propre compagne, pour un homme d’avoir un rapport avec une prostituée, etc.

> Lire également : La terrible crise des agressions sexuelles au sein des JC

C’est là un principe essentiel de la Gauche historique, démocratique, et voilà pourquoi la « gauche » postmoderne affabule avec ses « déconstructions » individuelles et ses remises en cause fictives de comportements qui proviendraient d’on ne sait où, qui par ailleurs ne produisent strictement aucun résultat comme le prouvent les affaires récurrentes dans ces milieux.

Qui est démocrate vit dans des rapports démocratiques et a le souci de toujours vivre dans de tels rapports – et n’est pas en mesure de se retrouver dans des situations non démocratiques où il perd sa nature !