Alexis Corbière assume de rejeter la Gauche

La France Insoumise assume une ligne « populiste », le terme étant assumé tel quel. La rupture avec la Gauche dans ce qu’elle représente historiquement est ouverte et régulièrement, il y a des remarques, des analyses qui se donnent comme tâche d’enfoncer le clou. On ne peut donc plus considérer La France Insoumise comme étant de gauche et si on assume l’opposition Gauche/Droite, alors cela veut dire que c’est un mouvement de Droite, une sorte de bonapartisme socialisant.

Alexis Corbière, le 1er avril sur LCI, a formulé la chose de la manière suivante :

« Je ne veux plus m’enfermer dans le mot “gauche”.

Ses échecs récents en ont fait un repoussoir. Rassembler la gauche n’a plus de sens : des millions de gens ne se positionnent pas d’un côté ou de l’autre ! Il faut trouver un vocabulaire nouveau, un message différent. »

C’est là tout à fait l’esprit du populisme. Sous prétexte qu’on ne parviendrait pas à faire en sorte que 51 % des gens deviennent de gauche, alors il faut utiliser d’autres moyens. En ce sens, d’ailleurs, ce populisme correspond tout à fait à l’esprit des premiers fascistes, qui viennent de la Gauche mais dénoncent son incapacité à être victorieuse, qui réfutent son marxisme, la primauté de la classe ouvrière.

Cela a donné les Déat, les Doriot, beaucoup de collabos pendant l’Occupation et le régime de Pétain. Nombre de ministres de ce dernier venaient également de la Gauche, malheureusement. Cela ne veut pas dire que La France Insoumise soit tombée à ce niveau, mais la direction prise va toujours plus dans ce sens là.

À Gauche, beaucoup de monde n’est plus dupe de toutes façons sur la nature de La France Insoumise. Interpellé sur twitter, Alexis Corbière a répondu avec une mauvaise foi qui en révèle justement la nature.

Une personne a dénoncé ses propos, considérés comme pouvant avoir été dit par Emmanuel Macron ou Manuel Valls. Effectivement, ces gens de centre-gauche ont fini par tourner le dos à la Gauche, de manière complète. Manuel Valls a même participé récemment à une manifestation de la Droite espagnole pour le maintien de « l’unité » du pays, ce qui relève de l’esprit franquiste.

Alexis Corbière a alors répondu à la critique de la manière suivante :

« Je dis que “GAUCHE” est utilisé surtout depuis les années 60, Jaurès ou Blum ne l’utilisaient quasi jamais par ex. Pour bcp de gens ce mot est devenu suspect alors qu’ils sont dispo pour des combats démocratiques sociaux et écologiques. Je veux être compris, pas gardien de musée. »

Ce fait de vouloir envoyer l’identité de Gauche au musée est assez typique du genre. Quant à croire que des gens vont être à Gauche sans être de gauche, comme monsieur Jourdain ferait de la prose sans le savoir, cela est risible. C’est là une remise en cause de la thèse fondamentale du mouvement ouvrier selon laquelle c’est le niveau de conscience qui détermine la valeur des actes du peuple. La thèse du spontanéisme des actions populaires, c’est la thèse des anarchistes dans le meilleur des cas, du Fascisme dans le pire.

Face à une nouvelle critique, faisant référence à un discours de Léon Blum, Alexis Corbière a encore répondu de la manière suivante :

« Ce discours de Blum me donne plutôt raison.. Il parlait alors de forces populaires, de socialisme, etc.. très trés peu de “gauche”. »

Sauf que justement Alexis Corbière ne parle pas de socialisme. Si effectivement, il utilisait les marqueurs de la Gauche (historique), il pourrait s’abstenir de se dire de gauche. Quand on utilise les termes de classe ouvrière, de socialisme, de classes, de capitalisme, d’exploitation, etc., on est de Gauche. Quand on ne le fait pas, on ne l’est pas.

Alexis Corbière dit lui : la Gauche a trahi ses idéaux, elle est dévalorisée, je la liquide pour faire autre chose. Il ne propose pas un retour aux fondamentaux, alors que c’est justement cela qu’il faut.

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