Game of Thrones : ultra-violence et viols, une série inacceptable

La série Game of Thrones est un excellent exemple de décadence. Il y a 25 ans elle aurait été interdite, aujourd’hui elle est célébrée. Les mentalités n’ont pas progressé, elles basculent au contraire dans le goût de l’horreur et le cynisme.

Qui cède au plaisir de se divertir avec des perversions est dans une situation d’échec culturel. C’est une évidence pour qui est non seulement de gauche, mais à Gauche. Et on sait comment le divertissement qui se développe dans notre société cherche le pittoresque, le grotesque, le malsain, le pervers, pour attirer l’attention, frapper les esprits, les impressionner.

Du sexe et de la violence, de la violence sexualisée et du sexe lié à la violence, tels sont bien souvent les ingrédients sordides utilisés par la production capitaliste de biens culturels pour attirer l’attention. C’est inacceptable, et à ce titre la série Game of Thrones est inacceptable. Rien que le premier épisode contient un élément terriblement sordide : un enfant de dix ans est jeté depuis une fenêtre, car en grimpant il a vu la reine coucher avec son frère jumeau ! Rien que là, tout était dit, surtout que le frère dit : « qu’est-ce qu’on ne ferait pas par amour ? ».

Qui peut donc accepter de regarder une horreur pareille ? Qui peut accepter de voir une série pour se divertir en acceptant qu’il y ait systématiquement des viols ? Avec d’ailleurs une insistance sur les viols des trois femmes ayant les rôles les plus importants (Daenerys, Sansa et Cersei) ? Comme cette scène, d’ailleurs pas dans la série des livres (où il y a cependant encore plus de viols), où Sansa vient de se voir marier à une brute qui lui dit « déshabille-toi », déchire sa robe, la caméra montrant son visage en pleurs, se focalisant ensuite sur ses cris, le tout en présence d’une troisième personne, son propre demi-frère.

Qui peut se complaire dans les crimes, la torture, les massacres ? Qui peut prendre du plaisir à voir une jeune femme enceinte se prendre un couteau dans le ventre ? Qui peut apprécier de voir quelqu’un avoir ses yeux crevés et sa tête explosée ? Qui peut supporter une séance de torture, culminant avec une émasculation ?

Il faut également voir que la série présente de manière « intéressante » une société à la fois féodale et barbare (ce qui est absurde, les deux sociétés n’ayant rien à voir), où tout est complot et manigance, jeux de pouvoirs et perversion. Et le tout, qui plus est, avec des éléments magiques et mystiques, l’utilisation de mythes, c’est-à-dire des fantasmagories qu’il faudrait jeter aux oubliettes depuis longtemps.

Cette dimension anti-historique empêche d’avoir un aperçu concret de la réalité. On ne peut pas comprendre le capitalisme si on ne connaît pas l’évolution du monde et qu’on s’imagine que la féodalité est l’équivalent de la barbarie de l’époque esclavagiste. On ne peut pas comprendre le monde si on s’imagine que des individus font l’Histoire, parce qu’ils seraient plus forts, plus malins, plus intelligents. Game of Thrones est une machine à écerveler et il n’y a rien de surprenant à cela, à moins de considérer que ce que produit le capitalisme est une bonne chose.

Quelle honte, pour cette raison, de voir des organisations se définissant comme de gauche jouer avec la « hype » autour de la nouvelle et dernière saison de Game of Thrones. C’est là la preuve d’une capitulation morale, d’un refus des valeurs féministes – que dire, de la dignité même des femmes simplement. Une véritable Gauche ne peut être que pour l’interdiction d’une série comme Game of Thrones, pour la condamnation de ce qui est montré.

Il ne s’agit pas d’être libéral et de dire qu’il ne faut pas regarder cette série. Non, il faut prôner son interdiction, son rejet total, sa destruction. Et on sait que justement cette série est très populaire en France, et c’est bien là le problème, et une preuve que la France plonge dans les ténèbres.