Le prise d’otages de Blagnac et les gilets jaunes

Le preneur d’otages dans un bar-tabac PMU de Blagnac près de Toulouse était un jeune de 17 ans, déséquilibré et reprenant la ligne des gilets jaunes : il voulait un État plus juste, moins de taxes. On n’a pas fini de payer le prix de la diffusion de l’irrationalisme par les gilets jaunes…

La prise d’otages de mardi est une anecdote de la vie quotidienne française qui possède un sens auquel il faut faire attention. Rappelons les faits : pendant plusieurs heures dans un bar-PMU de Blagnac à proximité de Toulouse, un jeune de 17 ans a gardé des otages, lui-même étant armé (en fait d’un pistolet d’alarme), casqué et muni d’une Go Pro sur le torse.

Ce qu’il y a de particulier, c’est que ce jeune s’est défini comme « la branche armée des gilets jaunes ». Il a expliqué avoir choisi un bar-tabac PMU « parce que c’était un lieu très taxé, il voulait une France égalitaire », comme l’a raconté une otage, fille du propriétaire.

S’étant filmé, il s’est également mis en scène sur les réseaux sociaux, tenant un discours paranoïaque :

« Pour info j’ai été recruté par une milice qui s’appelle : vous le verrez très bien. Elle ne s’appelle pas comme cela mais vous le verrez très bien dans les prochains jours. C’est une milice armée qui cherche juste que l’État soit plus juste. Je ne suis pas un terroriste. Je fais juste cela pour les gens vivent mieux. »

Il avait laissé une sorte de testament chez lui et était connu depuis l’âge de 13 ans pour des « violences, recels et dégradations de biens publics ». On l’aura compris, on a affaire à un déséquilibré. Cependant, cela commence à faire beaucoup.

Entre les déséquilibrés commettant des actes antisémites meurtriers, ceux basculant dans l’islamisme, et maintenant cela… La France connaît un processus d’effondrement psychologique réellement profond. La diffusion du complotisme, des religions, des populismes… a contaminé les esprits et lorsque ceux-ci se brisent sur une insupportable vie quotidienne, c’est la fuite en avant.

Les gens de Droite diraient ici : vous répétez la thèse du bon sauvage, comme quoi l’Homme est bon, mais la société le corrompt si elle est mal faite. Tout à fait, répondra-t-on, et c’est juste. Ce qui se passe dans la société n’est nullement imputable aux « individus », cette invention du libéralisme. Il y a des personnalités, mais elles appartiennent à des classes sociales. Et qui est coupé du travail, de la socialisation par le travail, de la transformation de la réalité, ne peut que tourner en rond dans sa tête, et s’effondrer.

Évidemment, cela ne va pas sans refus de la collectivité. Quelqu’un qui se sent mal et qui reconnaît la collectivité comprend qu’il faut aller dans le sens de la rupture avec les valeurs dominantes. À condition d’avoir été touché par les idées de Gauche, c’est vrai. Par contre, quelqu’un qui rejette la collectivité navigue en boucle dans son esprit et dérape, dans une logique paranoïaque.

Cela peut se produire à grande échelle. Les gilets jaunes sont un excellent exemple de plèbe, c’est-à-dire d’individus se précipitant dans des actions irrationnelles, sur un mode à la fois existentiel et identitaire. En substance, les islamistes ne sont pas différents, même si eux sont d’un degré de morbide qui n’a bien entendu rien à voir… Rien à voir pour l’instant. Car le principe d’une fuite dans l’irrationnel, c’est que comme cela ne peut produire aucun résultat, on passe alors plus ou moins directement à un autre stade : celui où l’on décide de pourchasser ce qui est un bouc-émissaire.

Les gilets jaunes ne peuvent que secréter le Fascisme, comme d’ailleurs tout mouvement irrationnel en général. Plus la charge irrationnelle de celui-ci est forte, plus sa nature est ancrée dans des secteurs de la population, plus l’impact est dévastateur dans la société, à court, moyen et long terme. L’épisode de Blagnac n’est ainsi qu’un avatar parmi une foule d’autres qui nous attendent. Nous n’avons pas fini de payer le prix des gilets jaunes.

Et comment va-t-on être en mesure d’assécher cet irrationalisme ? Le mouvement des gilets jaunes a été galvanisé par les médias, par une partie de la Gauche même, par les anarchistes des black blocks, bien sûr par l’extrême-Droite. Les gilets jaunes ont été mis en avant comme une force capable de modifier les choses en France, du moins de les ébranler. Leurs méthodes auraient été « efficaces », bien plus que tout autre chose.

Combien d’idéalistes alors vont-ils se précipiter encore dans cette brèche irrationnelle ?

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