Caisse automatique, capitalisme et vie quotidienne

Avec les progrès technologiques de ces dernières décennies, tout particulièrement l’évolution des dernières années, le capitalisme fait participer de plus en plus chaque personne à sa marche générale. Caisses automatiques, communautés liées à des produits, etc. : le mode de production capitaliste s’introduit toujours plus dans la vie quotidienne en faisant activement participer chacun.

L’exemple le plus frappant est celui des caisses automatiques : non seulement l’entreprise détruit des emplois mais elle les remplace en partie par celui, non rémunéré, de ses clients. L’emploi de caissier ne disparaît pas parce qu’une machine perfectionnée est capable de réaliser le même travail avec une plus grande productivité, mais parce qu’une partie du travail a tout simplement été déportée sur le client. Ce dernier travaille gratuitement pour l’entreprise à chaque fois qu’il utilise une caisse automatique.

L’intrusion du capitalisme dans tous les aspects de la vie est toujours plus grande. Après avoir parcouru des rayons remplis de produits industriels nocifs vendus à des prix agressifs, d’animaux morts, et de rayons poisons (la taille des rayons d’alcool dans certains supermarché fait froid dans le dos), le client va aider l’entreprise à réaliser sa marge.

Tous les sens sont de plus en plus corrompus et attaqués par une vie quotidienne toujours plus aliénante. Il faudrait maintenant donner de son temps et de son énergie pour que la machine continue de fonctionner ?

Les avis en ligne prennent de plus en plus d’ampleur ces dernières années. Au-delà de grandes entreprises sur lesquelles ceux-ci sont déposés (Google, Tripadvisor, etc.), beaucoup d’acteurs de plus petite taille proposent des services pour mieux les gérer (vision d’ensemble, réponses sur les différentes plateformes, etc.)

Les sommes générées directement et indirectement par ces avis sont importantes : beaucoup de personnes en vivent professionnellement. Et tout ça grâce… à d’autres qui ont gratuitement déposés des avis sur ces plateformes.

Les grands groupes emploient des personnes à temps plein pour répondre aux avis déposés par des internautes. Ces mêmes personnes vont souvent utiliser une solution pour avoir des statistiques et une vue d’ensemble. Ces solutions, souvent bancales bien entendu, dépendent des géants qui acceptent de rendre ces données accessibles facilement.

Tout un système absurde fonctionne, fait vivre toujours plus de personnes et permet aux grosses plateformes d’asseoir leur position et d’éliminer les concurrents trop faibles. Tout cela au final, pour gérer des avis d’utilisateurs plus ou moins de mauvaise foi, sans parler de toute l’économie de la production de faux avis.

Ainsi, plus une plateforme devient incontournable, plus les gens vont y consulter les avis de telle ou telle enseigne et plus ils auront tendance à déposer des avis sur celle-ci. Et tout cela pour quoi ? Pour de simples avis, peut-être vrais, peut-être faux, peut-être déposés par la concurrence, peut-être créés par une personne à des milliers de kilomètres de là.

Le tout est vendu comme un progrès : les entreprises sont obligées d’être plus transparentes, les gens savent et se partagent l’information. Mais il n’en est rien. La réalité est que tout ce système ne fait qu’accroître la position d’entreprises toujours plus fortes. Tout cela formate et tend à faire en sorte que toujours plus d’aspects de la vie quotidienne prennent part à la marche forcée d’un mode de production en perdition.

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