La Gauche post-moderne à l’avant-garde du libéralisme

Le gouvernement libéral actuel adore le discours de la Gauche post-moderne sur l’écriture inclusive, la « PMA pour toutes », la « transphobie », l’«hétéro-norme», les « féminicides »… Et pour cause : la Gauche post-moderne a été le fer de lance de la poussée ultra-libérale.

Les galeries Lafayette ont ouvert en mars 2019 un espace de 6 500m². Le rayon mode ne sépare pas les produits pour hommes et pour femmes, suivant la « théorie du genre ». D’ailleurs, les toilettes sont également mixtes.

Le capitalisme adore cette remise en cause de toute norme biologique, cette mise en valeur démesurée de la « conscience individuelle », seul apte pour lui à porter entièrement la figure du consommateur.

Il faut le dire nettement : qui est pour le libéralisme des mœurs est pour le libéralisme économique, et inversement. La gauche historique a toujours vu les choses ainsi, et avec raison.

L’extension de la PMA passe comme une lettre à la poste dans la société française et le processus de légalisation n’est même pas terminée que déjà la GPA apparaît sur le devant de la scène. La légalisation du cannabis, on le devine, est déjà au coin de la rue.

C’est que le gouvernement réussit à concrétiser un calendrier de mesures libérales avec d’autant plus de réussite que la Gauche post-moderne lui a pavé la voie. Le libéralisme, c’est l’affirmation du choix individuel au-delà de toute autre considération, c’est l’idéologie du consommateur.

Le thème de la « transphobie » est un excellent exemple de cette folie furieuse libérale. Comme si l’on pouvait avoir un esprit dans un mauvais corps, comme si le corps et l’esprit étaient séparés ! On est ce qu’on est, donc sa réalité matérielle et rien d’autre.

Cela est évidemment inadmissible pour les figures errantes, sans contenu, de la consommation capitaliste. Les fantômes que sont les citoyens volontaires et actifs du capitalisme n’existent que par une consommation effrénée, qu’ils imaginent leurs choix, l’expression de « leur » volonté.

On a atteint un degré d’aliénation vraiment terrible et terrifiant. Dire qu’il y a des jeunes qui déjà sont nés dans une société où le capitalisme prétend que tout, absolument tout, peut se vendre et s’acheter… si on le « décide ».

Pourquoi la Gauche n’est-elle pas encore en mesure de contrer cette idéologie du libre-arbitre, chose pourtant totalement absurde ? Vues les capacités techniques du capitalisme, il faut pourtant d’autant plus faire vite. Car toute cette conception de la conscience comme seule reine, comme seule « valeur » à admettre, amène la civilisation à la décadence, par la destruction des normes, de la réalité biologique, des valeurs universelles.

Le génie des libéraux – ou plutôt le pragmatisme, le machiavélisme – a été de présenter comme un progressisme leur vision du monde. La généralisation du libéralisme se prétend objectivement positive pour les gens, par la conquête de « droits individuels ».

Ce qui est fou, c’est que ce n’est rien d’autre que l’argument de fond de n’importe quelle publicité commerciale. Chaque entreprise prétend apporter, par son produit, un « plus » dans la vie quotidienne. Quand on voit une publicité, on le sait bien.

Et maintenant le capitalisme est tellement riche qu’il a de l’argent en trop et peut le déverser sur une Gauche post-moderne cherchant à mobiliser pour que tout système de valeurs, quel qu’il soit, vacille et disparaisse. Comment il est facile ici pour les réactionnaires, les conservateurs, que de mettre toute la Gauche dans la même sac et de se prétendre le seul rempart contre l’effondrement en cours !

Pour contrer la chose, il faut les ouvriers. Qu’attendent-ils pour se bouger ? S’imaginent-ils protégés dans leur existence, car leur style de vie n’a rien à voir avec ce que promeut la Gauche post-moderne bien à l’abri dans ses centre-villes, avec son style de vie hédoniste superficiel, la vacuité de son art contemporain, ses prétentions de hipster ou son porte-feuille de bobo ?

Il faut le détonateur ouvrier à Gauche, dans le sens de l’universalisme et de la modernité, pas pour un retour en arrière mais pour un vrai saut dans le futur. Les ouvriers doivent rompre avec le carcan syndicaliste réduisant l’horizon à un bilan comptable forcément trompeur. Ils doivent faire de la politique. Seul leur universalisme et leur réalisme peut empêcher la catastrophe en cours.

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