Vers la guerre: l’OTAN assume la Chine comme menace principale

Il y a eu la passe d’armes diplomatique extrêmement violente entre la France et la Turquie ces derniers jours, preuve d’une concurrence acharnée entre pays dans le repartage du monde. Mais en assumant de reconnaître ouvertement de la Chine comme menace principale, l’OTAN admet aux yeux de tous que le centre de la prochaine guerre mondiale sera l’affrontement sino-américain.

La France entend jouer sur tous les tableaux : celui de l’aventure individuelle, celui du moteur franco-allemand, celui de l’OTAN. C’est là propre à la mégalomanie du capitalisme français, qui existe depuis bien longtemps puisqu’elle a mené aux défaites en 1871 face à la Prusse, en 1940 face à l’Allemagne nazie, puis à l’effondrement de son immense empire colonial.

Grâce au gaullisme, elle a su se placer entre les deux blocs de la guerre froide, mais là il est difficile pour elle de jouer des épaules. En expliquant il y a peu que l’OTAN était en « mort cérébrale » à la suite de l’intervention turque en Syrie contre les forces kurdes, Emmanuel Macron a cherché à renforcer la ligne autonome de la France.

Hier, au sommet de l’OTAN à Londres, le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg, parlant de la position d’Emmanuel Macron, en a donc profité pour rappeler à la France sa dimension réelle :

« C’est très insultant. Il y a un très haut niveau de chômage en France. La France ne va pas bien du tout économiquement. C’est une déclaration très dure quand vous avez de telles difficultés. Vous ne pouvez pas faire des commentaires comme ça. C’est très irrespectueux (…). Personne n’a plus besoin de l’OTAN que la France. Faire une déclaration comme celle-là est très dangereux. »

C’est une manière de rappeler à la France qu’elle n’a pas les moyens de sa mégalomanie, car ce sont les États-Unis qui sont la superpuissance disposant de l’hégémonie. Comme il n’y a pas de moteur franco-allemand puissant, la France ne peut pas se permettre de saborder sa position dans l’OTAN.

Tout à fait conscient de cette situation française, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait adressé à Emmanuel Macron des propos violents :

« Fais d’abord examiner ta propre mort cérébrale. Ces déclarations ne siéent qu’à ceux dans ton genre qui sont en état de mort cérébrale. »

Des propos qui sidèrent, mais qui sont permis par la faiblesse française, comme d’ailleurs de toutes les puissances intermédiaires, y compris la Turquie qui reste d’ailleurs largement arriérée malgré son hypertrophie militariste. Car l’arrière-plan qui définit principalement les choses et qui détermine la tendance à la guerre, c’est l’hégémonie américaine et le besoin de la Chine d’exiger un repartage du monde.

Pour cette raison, le texte qui va être signé par les 29 membres de l’OTAN prévoit de reconnaître que l’influence grandissante de la politique chinoise forme tant des chances que des défis, à quoi il faut répondre en tant qu’alliance.

Le fait d’assumer de faire de la Chine la principale menace est un pas de plus vers la guerre. C’est une manière de dire : oui il peut y avoir des contradictions, comme entre la France et la Turquie, cela compte, cela joue, mais c’est secondaire et il ne faut pas perdre de vue l’essentiel.

Et plus ces contradictions secondaires vont se renforcer, plus cela va accentuer la cristallisation de l’affrontement sino-américain. Plus le capitalisme sombre dans la crise, plus cela s’accélérera.

La guerre, ce monstre engendré inévitablement par la concurrence, la compétition entre pays, détermine toujours plus cours des choses.

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