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L’État français réagit à la crise du virus COVID-19

Évoquant la plus grande crise sanitaire en France depuis un siècle, Emmanuel Macron assumait hier soir la posture de l’homme d’État. Il a annoncé des mesures d’ampleur et prononcé un discours d’une grande portée adressée à la population pour « faire bloc » contre le virus COVID-19. La bourgeoisie, en tant que classe dominante, sait administrer un État et assumer la gestion d’une situation de crise, malgré ses faiblesses, malgré ses limites historiques.

La crise engendrée par le virus COVID-19 a déjà une portée historique tant les choses ont été bouleversées, notamment en Italie (827 morts) et en Chine (3172 morts). La France, avec déjà 61 morts, de nombreuses personnes en réanimation et 2876 cas confirmés, sait que l’épidémie est amenée à se développer dans le pays. Le personnel scientifique médical n’a aucun doute là-dessus.

Le président Emmanuel Macron a donc annoncé hier un saut dans la mobilisation contre la propagation de l’épidémie, avec des mesures d’une ampleur inédite :

  • les établissements scolaires et les crèches seront fermées dès lundi et ce jusqu’à nouvel ordre ;
  • un service minimum pour la garde des enfants des personnels soignants sera assuré ;
  • il est expressément demandé à la population d’éviter les transports en commun dans la mesure du possible ;
  • les personnes de plus de 70 ans et les plus fragiles sont incitées à rester confinées ;
  • les entreprises peuvent sans justification suspendre le paiement de leurs charges sociales du mois de mars ;
  • des mesures de prise en charge du chômage techniques sont annoncées ;
  • la trêve hivernale (pour le logement) est repoussée de deux mois.

Rappelons d’ailleurs ici les mesures sanitaires, essentielles, qui ont été redites hier, et qui ne sont encore pas suffisamment respectées, voir pas du tout :

  • ne pas se serrer la main ni se faire la bise ;
  • se tenir le plus possible à un mètre les uns des autres dans le cadre public ;
  • se laver soigneusement les mains plusieurs fois par jour.

Le discours du président de la république va cependant provoquer un électrochoc et, dès demain, un nouveau cap sera franchi dans la prise de conscience collective de la crise en cours. C’est que l’État, n’étant pas une entité abstraite, « totalitaire », mais un mode d’administration de la société, a un rôle réel et d’autant plus concret dans une telle situation de crise. Sa voix porte, ses décisions ont une portée.

Les préfectures assument déjà depuis plusieurs semaines dans certains départements des mesures d’exception, notamment en ce qui concerne le sport. La tenue à huis-clos du match de Ligue des champions du Paris Saint-Germain avant-hier a particulièrement marqué les esprits, mais il y a également tout un tas de compétition sportives amateurs annulées partout en France depuis plus de deux semaines.

Cela va continuer et les fédérations de basketball et de football ont d’ores et déjà annoncées hier que toutes les compétitions étaient suspendues, ainsi que les entraînements, ce qui a un impact énorme dans le quotidien de la jeunesse, notamment populaire, et des parents.

Emmanuel Macron, pourtant grand défenseur du libéralisme, a même évoqué hier la possibilité d’une fermeture des frontières, ce qui d’ailleurs aurait pu ou dû être assumé bien plus tôt. Parlant d’« union sacrée », il a également fait appel à « la discipline individuelle et collective », pourtant tant honnie en France, pays du je-m’en-foutisme érigé en art-de-vivre.

C’est que la crise est profonde et il faut pour cela une force sociale solide et profondément établie pour y remédier, ou en tous cas tenter de le faire. La Gauche doit assumer ce niveau d’exigence.

Une crise comme celle du virus COVID-19 montre bien à quel point tout est une question de direction, de capacité à gouverner, d’affirmation d’un appareil d’État dans un sens démocratique, populaire. Ce qui exige une Gauche de haut niveau, sur la base de ses acquis historiques, avec un peuple mobilisé, sur une base démocratique.