La pandémie et l’absurdité de la mondialisation capitaliste selon Lutte Ouvrière

Cet article est tiré de « Le coronavirus et la mondialisation» de la revue éditée par Lutte ouvrière Lutte de classe d’avril-mai 2020 :

« La pandémie, le confinement et l’arrêt de nombreuses usines dans le monde révèlent l’absurdité de la mondialisation capitaliste. Mais des deux termes, le plus dangereux, celui qui menace l’humanité, c’est le capitalisme plutôt que la mondialisation. Cette crise met en évidence, une fois de plus, la nécessité de planifier et de rationaliser la production de tous les biens indispensables à l’humanité.

La planification n’est pas synonyme de centralisation. Elle nécessite d’abord le recensement ; celui des besoins de chacun, des ressources, des capacités de production. Elle nécessite d’organiser la production, à l’échelle locale autant que possible, à une échelle plus large continentale ou mondiale selon les domaines, l’état des ressources, en minimisant le travail humain, les déplacements, les prélèvements sur la nature.

L’humanité dispose de tous les instruments de recensement, de prévision, d’organisation, pour mettre en œuvre cette production afin de nourrir, loger, instruire, soigner tous ses membres. Mais ces instruments sont aujourd’hui entre les mains des grands groupes industriels et des banques qui dominent l’économie et des États qui défendent leurs intérêts. Ces instruments leur servent à opprimer, espionner, aggraver l’exploitation des travailleurs tout en se livrant entre eux des guerres féroces et pas seulement commerciales. Ils leur servent à mettre la planète en coupe réglée, à détruire les écosystèmes, à déboiser les forêts primaires au profit de l’agriculture intensive et de l’élevage industriel, ce qui accélère le passage des virus entre les espèces et aggrave leur dangerosité.

Changer de modèle, rompre avec les ravages de la mondialisation capitaliste, nécessite une révolution sociale pour exproprier les capitalistes et renverser les États à leur service. Pour faire une telle révolution, il faut qu’agisse une force sociale puissante, présente dans le monde entier, ayant tout à gagner à renverser la dictature du capital sur la société. Une telle classe sociale existe, c’est le prolétariat international, ceux dont on découvre aujourd’hui que leur travail est vital pour assurer le fonctionnement quotidien de la société, unis et renforcés numériquement par la division internationale du travail. Il manque à cette classe sociale, la conscience de sa force collective, de ses intérêts communs, du fait qu’elle porte l’avenir de la société. Les travailleurs ne doivent certainement pas attendre des États qu’ils tirent des leçons de la pandémie dans un sens favorable aux intérêts collectifs. Et tous ceux qui laissent entendre le contraire se rendent complices des attaques qui se préparent. »

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