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Comment la crise emporte l’empire américain

Le peuple américain produit une vaste culture, mais il est emprisonné et aliéné par un capitalisme d’une terrible brutalité, avec en son cœur un complexe militaro-industriel et carcéral. Avec la crise s’étant ouverte en 2020, il va à un destin similaire à celui de l’URSS.

Le peuple américain produit une vaste culture, mais il est emprisonné et aliéné par un capitalisme d’une terrible brutalité, avec en son cœur un complexe militaro-industriel et carcéral. Avec la crise s’étant ouverte en 2020, il va à un destin similaire à celui de l’URSS.

Dans les années 1970-1980, l’URSS était la principale force militaire mondiale, d’une incroyable agressivité, avec un complexe militaro-industriel engloutissant les richesses et réformant tout le pays pour le placer sur la ligne de la mobilisation générale pour l’expansion. De l’invasion de la Tchécoslovaquie en 1968 à celle de l’Afghanistan en 1979, en passant par le soutien à l’invasion vietnamienne du Cambodge, l’URSS a mis tout en œuvre pour s’imposer mondialement.

On sait ce qu’il en advint. Et c’est pareil pour les États-Unis. La crise a montré que ce pays, dont le peuple est entreprenant, d’une grande richesse dans ses activités… est en déclin parce que sa base est totalement pourrie. Le personnel politique est totalement corrompu depuis un siècle, un long siècle où les États-Unis ont pu asseoir une hégémonie mondiale, sans contestation intérieure à part dans les années 1960-1970, et encore seulement dans certains secteurs, et en tout cas certainement pas de la part des ouvriers.

Gouverneurs vendus aux grandes entreprises, mafias largement présentes dans la société, ultra-violence avec les gangs et un immense système carcéral, complexe militaro-industriel omniprésent… le rêve américain est un cauchemar.

Les Etats-Unis, bastion du capitalisme modernisateur

Depuis l’écrasement du mouvement ouvrier par l’ultra-violence au début du 20e siècle, les États-Unis ont été le bastion du capitalisme se modernisant en permanence, systématisant l’expansion à de nouveaux domaines. Le travail à la chaîne des usines d’automobiles ne fait d’ailleurs que prolonger les immenses productions de viande qui forment l’un des premiers, si ce n’est le premier maillon d’une longue chaîne infernale.

Consommation élargie, aliénation élargie, soumission à cette aliénation au nom de l’acceptation d’un mode de vie beauf… Les ouvriers se sont fait entraînés dans un processus les brisant physiquement et moralement. Les États-Unis ont été le modèle de l’asservissement des larges masses par la consommation, de leur propre participation à leur exploitation.

Pense-t-on alors réellement que l’alternative Joe Biden ou Donald Trump change quelque chose avec un tel arrière-plan ? Comme si Barack Obama avait lui-même changé quoi que ce soit au fait que les États-Unis sont une puissance avec des bases militaires dans le monde entier, avec un capitalisme présent partout, le tout avec une démesure impériale !

Obama ou Trump, il y a Guantanamo. C’est cela la réalité, le reste est de la poudre aux yeux. En France on a également régulièrement dénoncé tel ou tel président américain en les traitant d’idiots, comme pour l’invasion de l’Irak. C’est là ne rien comprendre au fait que les États-Unis défendent leurs intérêts et que la question n’est pas l’intelligence ou la stupidité. Ce ne sont pas les présidents qui décident, mais des stratégies élaborées, notamment au Pentagone, que les présidents accompagnent.

La crise emporte les Etats-Unis

Tout cela apparaît d’autant plus clairement que la crise est en train d’emporter le capitalisme en général et l’empire américain en particulier. La crise a provoqué la fracturation du pays, donnant naissance à un antagonisme jamais vu depuis cent ans. Pour la première fois depuis cent ans, il y a deux visions du monde s’affrontant de manière frontale, reconnue, au lieu d’une pacification complète sur la base de la consommation généralisée et de la Bible, de l’expansionnisme et de l’aliénation.

Les États-Unis ne peuvent plus se sortir de cette situation. Leur seule orientation est de toutes façons l’affrontement avec la Chine, une superpuissance en devenir ayant l’ambition de prendre la place de numéro 1 pour les années 2030-2035. Profitant d’un capitalisme d’État exerçant une pression fasciste sur les gens, les ambitions chinoises sont agressives et militarisées, ouvertement conflictuelles malgré un discours pseudo-tiers-mondiste.

Les États-Unis sont donc obligés d’être toujours plus crispés, toujours plus agressifs, pour maintenir leur place hégémoniste dans le monde. Cela va accentuer leur effondrement : c’est la fin de l’empire américain.