1 000 visons abattus en France, l’horreur d’un monde sans âme

Après les millions de visons abattus aux Pays-Bas, en Suède, en Grèce, aux États-Unis, en Italie, en Espagne et bien évidemment au Danemark, c’est un élevage français qui est touché par la mutation du virus SARS-CoV-2. L’horreur n’en finit pas de s’abattre sur le monde, avec une humanité qui regarde ailleurs…

À Champrond-en-Gâtine, un petit village d’à peine 700 habitants, un élevage de visons vient d’être déclaré contaminé par une variante du SARS-CoV-2, le coronavirus vecteur du Covid-19. Ce sont mille visons qui vont ainsi être purement et simplement liquidés pour assurer à l’humanité sa fuite en avant mortifère.

L’humanité s’enfonce dans la croyance en sa prétention absolue à dominer la nature. Ces mille visons sont touchés par une variante du virus qui menace la fiabilité des futurs vaccins, du fait que le virus ait trouvé un hôte animal propice à développer une plus grande résistance, alors il est décidé de les éliminer froidement. Cette horreur surgit maintenant dans notre pays, mais elle est déjà là depuis cet été, avec près de 17 millions de visons tués déjà récemment au Danemark.

En bon administrateur zélé du capitalisme, le gouvernement agit par un acte administratif en ordonnant l’abattage pur et simple. On ne va quand même pas débourser des sommes d’agent, mobiliser des lieux, une technologie, des scientifiques pour protéger la vie d’animaux… Pourtant, lorsqu’on sait que le vison est un animal très vivace, joueur et intelligent, on n’est pris d’un sentiment de grande tristesse, d’une profonde colère.

Le ministère de l’agriculture et de la transition écologique peut affirmer dans un communiqué, non sans gêne :

« Les ministres rappellent l’importance des gestes barrières pour lutter contre la propagation de la Covid-19 : il s’agit de protéger les visons d’une éventuelle contamination à partir du personnel des élevages, mais aussi, par précaution, d’éviter les contacts entre des animaux qui seraient infectés et le personnel des élevages. »

C’est vraiment le serpent qui se mord et se remord encore la queue. On sait que le covid-19 est le résultat d’une proximité, pour ne pas dire une promiscuité, trop grande entre les animaux sauvages et les êtres humains. Tout cela dans un contexte d’urbanisation généralisée, anti-naturelle…

Au lieu de changer de perspective générale, les choses continuent et s’empirent avec une humanité qui ne parvient pas à s’extirper de son aliénation dans la consommation… Tout cela jusqu’à quand ?

Car ces visons étaient élevés pour leur peau servant ensuite à la fourrure pour des vêtements de luxe. On lira ainsi avec dégoût sur un blog spécialisé dans la mode de la fourrure que « le vison est une fourrure durable, très représentative de la mode des années 40, et en même temps indémodable car elle est traitée aujourd’hui d’une façon très moderne (rasée, teinte…). »

Tout cela est scandaleux, révoltant et l’on se demande pourquoi les gens ne se soulèvent pas directement contre toute cette filière portée par des bourgeois sans scrupules. Car, en plus de leur abattage sans ménagement, les conditions d’élevage de ces visons étaient d’une horreur sans nom, d’où le fait que les associations de la cause animale soient parvenues à obtenir la fin de ces enfers à l’horizon 2025.

En août 2020, soit il y a à peine trois mois, l’association One Voice tournait d’ailleurs des images insoutenables dans l’élevage de Champrond-en-Gâtine. Un élevage que l’association qualifiait comme « le pire élevage de visons d’Europe »…

L’humanité n’en finit pas de s’enfoncer dans un cycle de régression morale. Une régression qui ronge tant des espèces vivantes honteusement exploitées et assassinées sur l’autel de la consommation que des êtres humains pétrifiés devant l’horreur… Un jour ou l’autre, une tempête de feu va s’abattre contre ce monde sans âme qui ne produit que consommation aliénée, égoïsme et insensibilité envers la vie elle-même.

Vous aimerez aussi...