Le chef d’état-major de l’Armée de l’air et de l’espace annonce la guerre et l’alliance franco-germano-espagnole

Le Monde a interviewé en cette fin novembre 2020 le général Philippe Lavigne, chef d’état-major de l’armée de l’air et de l’espace, pour ce qui est une véritable opération de bourrage de crâne. La présentation de l’interview est elle-même une acceptation et donc un soutien tacite à la guerre à venir :

« A 55 ans, le général de l’armée aérienne Philippe Lavigne est, depuis le mois de juillet, le premier chef d’état-major de l’armée de l’air et de l’espace (AAE). Alors que doit se tenir, mardi 24 novembre, le colloque annuel de l’AAE, il détaille comment la France se prépare à un éventuel conflit de « haute intensité » en la matière. C’est à dire un conflit majeur entre Etats mobilisant l’ensemble des moyens militaires. »

C’est là une banalisation de la guerre que jamais Le Monde n’aurait pu se permettre ces 25 dernières années. On sent que la crise a amplifié les contradictions de manière telle que désormais, la question est de choisir son camp pour la guerre à venir. Les questions sont d’ailleurs dénuées de toute ambiguïté : c’est de guerre qu’il est parlé, de la prochaine guerre. Il n’y a pas de tonalité hypothétique, pas de présentation d’une éventualité.

« Un conflit de « haute intensité », cela veut dire quoi pour l’armée de l’air et de l’espace ?

La haute intensité nous impose de disposer d’une aviation de combat d’une certaine qualité, mais aussi en quantité suffisante. Parce que, dans un tel engagement, il y aura de l’attrition.

On assume plus de pertes ?

Oui, bien sûr. Dans les opérations de moyenne ou haute intensité, les pertes sont estimées de 4 % à 8 %. Il faut l’assumer pour gagner et durer dans des opérations majeures semblables à celles de la guerre du Golfe, que l’on prépare avec nos alliés et qui engageraient 1 000 sorties d’avions de chasse par jour. La France, dans une telle coalition, pèserait environ 10 %. Aujourd’hui, l’armée de l’air et de l’espace réalise ce nombre de sorties quotidiennement en intégrant les missions de préparation opérationnelle en France. »

Les propos sont très clairs :

– la participation à une guerre est prévue, planifiée, on s’entraîne pour cela ;

– elle consistera en un front dont la France représentera 10 % au niveau de l’aviation, ce qui signifie une guerre de grande ampleur.

Pour qui douterait encore du sens des questions, voici une autre question posée au chef d’état-major de l’Armée de l’air et de l’espace, avec une réponse tout aussi claire :

« Etes-vous déjà prêts pour un conflit dur ?

Nous sommes prêts, et nous nous entraînons pour faire face à ce type de conflit. Nous consolidons au quotidien nos capacités d’évoluer en coalition avec nos partenaires américains, allemands, britanniques, italiens, espagnols. »

Il faut noter ici que le général annonce une alliance franco-germano-espagnole.

« Ce qui est très important, c’est que les trois chefs d’état-major allemand, français et espagnol se sont mis d’accord, en 2018, puis 2019, sur les besoins opérationnels face aux menaces futures, en matière de supériorité opérationnelle, de capacité à frapper dans la profondeur, de « système de systèmes » permettant de discuter avec l’ensemble des moyens aériens qui seront autour de l’avion – ce seront tous des capteurs, depuis les drones jusqu’aux satellites, au ravitailleur, au système de détection aéroporté, etc. »

Pour qui douterait également de cet aspect, il suffit de lire la tribune de janvier 2020 publié dans Le Figaro : «France, Allemagne, Espagne: construisons la puissance aérienne européenne». Cette tribune a été signée par les chefs d’état-major des armées de l’air française (Philippe Lavigne), allemande (Ingo Gerhartz) et espagnole (Javier Salto), avec à l’arrière-plan la signature commune du High Level Common Operational Requirement Document (HLCORD) entérinant leur unité pour le programme d’armement dénommé Système de Combat Aérien du Futur (SCAF).

Il faut remarquer que la tribune insiste particulièrement sur l’emploi d’outils militaires aériens sans pilotes. Et, justement, dans l’interview, le général explique qu’il y a eu, depuis décembre 2019, quarante frappes des drones Reaper au Sahel. C’est un chiffre énorme qui montre que l’armée française s’entraîne intensément à l’utilisation de drones tueurs. La tribune du Figaro l’explique d’ailleurs clairement : les prochaines décennies seront marquées par la systématisation des drones tueurs.

Une question importante est bien entendu celle de la Chine et là encore, la question du Monde va directement dans le sens de l’appel à la guerre, avec une réponse du même type :

« L’armée de l’air peut-elle renforcer ses opérations en Indo-Pacifique ?

Le président de la République affirme nos intérêts économiques et stratégiques dans cette région. L’armée de l’air et de l’espace peut assurer la protection des Français, de la ZEE [zone économique exclusive] et de la liberté de navigation aérienne, et secourir nos partenaires. »

On notera d’ailleurs que dans l’interview, le général affirme le caractère mondial du champ d’intervention militaire qu’il dirige, en mentionnant la zone indo-pacifique :

« L’armée de l’air et de l’espace, aujourd’hui, est sur tous les théâtres : en Afrique, au Levant, à l’est en Europe (dont la mer Noire), dans l’Indo-Pacifique. »

Ce que cela signifie, c’est que la France est prête à faire la guerre à la Chine, ainsi qu’à la Russie qui est clairement présentée comme une menace de haut niveau technologique et militaire (rappelons ici tout de même que le PIB russe est moindre que celui de l’Italie ou que celui du Canada).

On échappera clairement pas à la guerre… et on le sait… À moins que le peuple n’assume pleinement la Démocratie et balaie le militarisme, ainsi que toute volonté de sortir de la crise par le nationalisme. La Gauche a une responsabilité très claire : empêcher la guerre qui vient !

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