Vers la guerre contre la Russie

La Chine d’accord, la Russie d’abord : telle est la ligne américaine désormais et la France est de la partie.

Le grand problème des guerres entre grandes puissances, c’est la démagogie qui va avec. La France prétendait lutter en 1914 contre le « militarisme » allemand et après ce serait la paix pour tous, la guerre serait la dernière des guerres, puisqu’il n’y aurait plus de militarisme. L’Allemagne prétendait lutter contre la barbarie tsariste. Et ainsi de suite.

Les choses n’ont pas changé. La propagande est immense contre la Russie, la Chine et la Turquie. Il s’agit de pays dont les régimes sont critiquables, bien entendu, mais cela n’est ici que le prétexte pour la guerre. Si demain l’armée professionnalisée française rentrait dans un petit conflit avec la Turquie, l’appui nationaliste serait immense ! Si demain il y avait une mobilisation contre la Russie, cela serait présenté comme avec l’objectif de « pacifier » l’Europe !

Et la tension monte. Si Donald Trump représentait la ligne du cavalier seul américain contre la Chine, Joe Biden représente la ligne de l’alliance occidentale contre la Russie. Joe Biden vient ainsi d’affirmer que :

« Les États-Unis n’acceptent pas et n’accepteront jamais la prétendue annexion de la péninsule, et nous nous tiendrons aux côtés de l’Ukraine contre les actions agressives de la Russie »

L’annexion est effectivement illégale aux yeux du droit international, même si historiquement la Crimée n’a rien d’ukrainienne. Il est juste de demander le retrait russe. Mais il est évident que c’est là un prétexte. Depuis l’élection de Joe Biden à la présidence américaine, l’offensive propagandiste anti-russe ne cesse pas. Mi-février, l’État estonien a publié une longue analyse dénonçant la Russie, mais aussi la Chine ; il est dit que :

« Toute la population mondiale hors de la Russie est une cible potentielle [des opérations de guerre psychologique montées par la Russie]. »

Il est également dit que grosso modo c’est le moment : l’économie russe a profondément reculé avec la crise, le régime est instable ! D’où la présence de diplomates de l’Union européenne aux manifestations en faveur de l’opposant Alexeï Navalny à Moscou, au début février. Ceux-ci ont été expulsés.

D’où le survol le 17 février 2021 de la mer Noire par la France, au moyen d’un ravitailleur KC-135 et de deux Mirage 2000, une nacelle ASTAC déployée pour établir une cartographie des éléments électromagnétiques… Provoquant une interception russe pour faire repartir les avions concernés.

D’où, également, la présence d’une unité d’artillerie de l’armée américaine en mars en France pour des exercices au camp de Canjuers, dans le cadre d’un exercice avec le  93e régiment d’artillerie de montagne. Ce camp est le plus grand champ en tir d’Europe de l’Ouest, où l’obus BONUS Mk 2 va être présenté.

De tels événements sont extrêmement graves, naturellement. C’est l’expression de la tendance à la guerre, poussée par la crise. Et la France est en première ligne. Elle veut sa part du gâteau dans le repartage du monde. Seuls ceux qui croient en le capitalisme peuvent prétendre qu’on ne va pas inéluctablement à la guerre (à moins qu’un immense mouvement de masse l’en empêche).

Vous aimerez aussi...