La crise en Ukraine montre le faible niveau de conscience en France

Personne ne s’intéresse à la crise en Ukraine en France : c’est révélateur.

Ce n’est même pas du dédain auquel on doit faire face relativement à la crise ukrainienne. C’est le déni qui forme une sorte de muraille de l’indifférence. Il en va de la guerre comme il en va de la crise : la ligne générale du côté des gens est de nier la réalité autant que possible, de chercher à perpétuer ses propres traditions, coûte que coûte.

Le capitalisme a littéralement lessivé les esprits. Alors qu’on est face à un drame historique, que l’actualité est brûlante, que les deux armées les plus nombreuses d’Europe se font face, il n’y a aucune expression d’intérêt, aucun engagement solidaire, aucune prise de position. Mieux encore, ou pire encore plutôt, ceux qui savent conservent le silence, les médias n’abordent la question qu’à la marge, tel un détail malheureux dont il faut bien, malgré tout et malheureusement, parler pour le cas où il se « passerait quelque chose ».

Car le fond de la question, c’est bien cela. Les gens écrasés par le capitalisme ne savent plus ce qu’est l’Histoire. Ils ne voient les choses que de manière individuelle, individualiste. D’où le succès des fantasmagories identitaires, de l’esprit immédiatiste de consommation, d’une fascination pour les réseaux sociaux. Ce n’est pas là une découverte.

Mais lorsque la guerre se profile, tout cela devient plus que dangereux. On sent bien que si les événements tournent mal, les gens seront déboussolés, prêts à se vendre à n’importe qui. Rien que les mesures de confinement semblent horribles aux Français, alors si les choses se précipitent, que ce soit économiquement ou militairement, qu’en sera-t-il ?

Et le peuple ukrainien ainsi se retrouve seul face à l’adversité, car ce qui est vrai en France l’est dans les autres pays au capitalisme hypnotiseur et mortifère. L’indifférence prédomine dans sa solitude, alors que son existence comme nation est menacée.

Comment ne pas être en rage ou en larmes devant une telle situation insoutenable ? Comment ne pas être révolté devant des Français qui préfèrent fantasmer qu’ils vivent dans un État policier, alors que la guerre prend le dessus dans l’Histoire du monde ?

C’est une bien triste page que nous sommes en train d’écrire, malgré nous. Vu de l’avenir, ce qui se déroule sera considéré comme un terrible ratage. Après la prise de conscience lors du premier confinement, tout est redevenu « normal » sur le plan des mentalités, et c’est tellement vrai que même la guerre ne fait pas réagir. Le capitalisme a enfermé les mentalités de manière systématique, au point de ne même pas percevoir les grands phénomènes historiques.

La crise en Ukraine révèle tout cela, comme elle est le produit de tout cela. L’humanité est en train de mal tourner, de très mal tourner. Et il faut être en première ligne pour la grande réorientation historiquement nécessaire.

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