La guerre, la crise sanitaire, la dette… les gens croient à une force des choses magique

Prisonnier dans l’alternance du travail et de la consommation, les gens passent à côté des tendances de fond.

Alors que les services de réanimation des hôpitaux parisiens sont remplies, des centaines de jeunes se sont rassemblés au parc des Buttes-Chaumont pour boire et danser au son d’une sono amenée pour l’occasion.

C’est révélateur d’attitudes voyant la vie comme un phénomène réduite à son aspect individuel. C’est le capitalisme triomphant. Les gens ne font pas d’efforts pour ce qui sort de la consommation individuelle.

La question de la guerre pour le repartage du monde s’impose comme une évidence au vu du conflit Ukraine – Russie, du Brexit, de l’élargissement de l’OTAN, de l’affirmation chinoise. Il en va de même pour la question écologiste au regard de la nature de la crise sanitaire provoquée par les bouleversements planétaires.

Et pour la guerre comme pour l’écologie, ce qui prédomine chez les gens c’est l’apathie, l’indifférence, et même une incompréhension complète, comme si tout cela était abstrait, lointain, finalement pas vraiment réel.

Même en économie, où la dette atteint plus d’une année de richesses pour le PIB, il n’y a pas d’inquiétude, comme si tous les soucis seraient amenés à se résorber par la force des choses. Le réchauffement climatique est pareillement reconnu, mais somme toute comme un bruit de fond.

En fait la réalité est niée ou tronçonnée, elle est vue comme abstraite, la seule chose concrète étant la reproduction de la vie quotidienne. Pour les gens ce qui compte c’est de pouvoir vivre comme auparavant, à peu de choses près, en étant si possible davantage valorisé socialement.

Mais cette valorisation sociale vise à satisfaire les égos. Toute dimension collective a été liquidée par un capitalisme atomisant les gens, par une division approfondie du travail, une consommation ininterrompue dans tous les domaines de la vie, une réduction des mentalités et de la culture à un horizon borné.

De tels esprits ne sont pas en mesure de saisir les phénomènes de fond, il faut que cela s’appuie sur une certaine rupture, sur un certain décrochage. Sans ça on peut parler de ce qu’on veut, les gens passeront à compter du fond.

Que faut-il alors faire ? Accepter cet ordre des choses et rentrer dans le jeu de la superficialité, ou bien privilégier un travail de fond en considérant que la tendance à la guerre l’emporte et va modifier toute la situation, forçant les gens à s’extirper à leur marasme ?

Faut-il faire comme si de rien n’était et se retrouver piégé comme en 1914, ou assumer les enseignements historiques et affirmer les positions justes pour faire face aux défis de notre époque ?

Vous aimerez aussi...