Le mouchard, l’anarchiste et le gendarme

Anarchiste, mais dans le respect des procédés de la gendarmerie, s’il vous plaît.

C’est le média Radio bip qui en parle et cela en dit long sur le manque de sens pratique dans l’engagement au niveau de la vie quotidienne. Voici le cœur de l’histoire.

Nous rencontrons David (*) en soirée, un peu en marge de la vieille-ville. Éducateur de profession, le jeune homme n’a jamais caché sa sensibilité au concept de lutte des classes ou aux principes autogestionnaires.

Néanmoins, il ne pensait pas qu’il ferait un jour l’objet d’autant de considération. « Son affaire » commence le 22 septembre 2020, lorsque au petit matin quatre gendarmes entament la perquisition de son domicile et le placent en garde-à-vue. Une audition sous l’égide de la JIRS de Nancy, pour « destruction d’un bien par incendie en bande organisée. »
Quand on commence comme ça, on va où? Et malheureusement on le sait.
Cette première n’ira pas plus loin, le bisontin sans histoire étant relâché et mis hors de cause. « Il m’était juste reproché mes opinions et engagements libertaires, mon apparition auprès des gilets jaunes, ainsi que mes liens présumés avec un autre interpellé » précise t-il.

Alors que « tout cela est derrière lui », il est contacté le 22 mars par la gendarmerie locale.

« Un militaire m’a demandé si je possédais toujours ma voiture, de marque X et de modèle Y. J’ai dis que oui, et il m’a donné rendez-vous à la caserne des Justices en indiquant que c’était pour enlever un mouchard. »

David examine son véhicule, et remarque bien une bizarrerie au niveau du bas de caisse avant-droit. Lui et sa compagne se rendent donc trois jours plus tard aux heure et lieu convenus, où un technicien procède au retrait de cette « petite boite de Pringles. » Installée là depuis mai 2020, dixit l’uniforme. 

Cette histoire est une anecdote, mais qui reflète bien le décalage complet entre la prétention « révolutionnaire » et les actes au quotidien. La moindre des choses, quand on est pour un changement radical de société, c’est de démolir le mouchard et, à la limite, pour le panache si vraiment on veut jouer les anarchistes, d’aller au rendez-vous avec les gendarmes et de le livrer en pièces détachés en souriant.

Mais accepter un rendez-vous pour une pareille histoire, il faut vraiment qu’en France le niveau de contestation organisée soit passée à zéro pour avoir à faire face à une histoire pareille. Quel manque de fierté, quel manque de confiance dans la lutte des classes. Quel avilissement de la Cause!

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