L’antifascisme ne passe pas par l’ultra-gauche

L’union fait la force et il n’y a pas de place pour ceux hostiles à l’unité.

Ce qui est paradoxal et insupportable, c’est qu’aujourd’hui en France on désigne par « antifas » des gens d’ultra-gauche, alors qu’historiquement l’ultra-gauche est opposée à l’antifascisme, considérée comme une « trahison » de la révolution permanente. Même « No pasaran », « ils ne passeront pas », un slogan unitaire de la guerre d’Espagne, a été récupérée et déviée par l’ultra-gauche, dans un sens « batailleur », « radical », volontariste, subjectiviste, etc.

C’est évidemment typique de l’ultra-gauche que de procéder ainsi, pour s’approprier du prestige et tromper les gens. L’ultra-gauche, c’est la cinquième colonne, l’irruption des forces hostiles à la transformation sociale dans le camp de la transformation sociale, au nom… de la transformation sociale. C’est difficile à saisir, mais on a un bon exemple avec Jean-Luc Mélenchon actuellement, qui refuse l’unité de la Gauche… au nom de la victoire à la présidentielle d’une ligne censée aller « plus loin » que tout le monde.

On ne rappellera ainsi jamais assez que l’antifascisme, c’est l’union de toute la Gauche… à l’exception de l’ultra-gauche. Cela ne veut pas dire qu’il ne peut pas y avoir d’anarchistes ou de syndicalistes révolutionnaires. Durant la guerre d’Espagne, la CNT a participé au Front populaire. Seule l’ultra-gauche avait refusé.

Alors qu’entend-on par ultra-gauche? Tout simplement les adeptes de la « révolution permanente », qui refusent de considérer que la Gauche réformiste puisse s’intégrer à l’antifascisme, qui rejette les mots d’ordre démocratiques et populaires, qui refuse de considérer que le fascisme est la menace numéro 1 et qu’il faut savoir faire des compromis pour obtenir l’unité face à lui.

Plus simplement, l’ultra-gauche oppose une « révolution » fictive au fascisme, considérant que seule la révolution barre au fascisme… tout en déniant à la révolution un caractère démocratique, la réduisant à une sorte de coup de force, d’ailleurs assez dans l’esprit des gilets jaunes.

« L’union c’est la force », affiche de la guerre d’Espagne, avec sur les brassard UGT et CNT, les deux principaux syndicaux (socialiste et communiste, anarchiste et syndicaliste révolutionnaire respectivement)

Il est évident que face à l’extrême-Droite qui monte, et qui montera jusqu’à la présidentielle de 2022, il faudra l’antifascisme. Encore faut-il que le concept n’ait pas été balayé par l’ultra-gauche. Il y a ici une lutte opiniâtre à mener, une lutte acharnée. L’antifascisme ce n’est pas l’anarchisme, l’antifascisme c’est l’unité la plus large possible contre l’extrême-Droite… la plus large possible.

Ainsi, oui il fallait voter Emmanuel Macron à la présidentielle pour barrer la route à Marine Le Pen, et oui, s’il le faut, il faudra le refaire en 2022. On peut espérer mieux, on doit espérer mieux, mais l’antifascisme c’est simplement une bouée de sauvetage et rien n’est pire que Gribouille sautant à l’eau pour ne pas être mouillé par la pluie.

Il faut donc déjà y penser : comment contribuer à l’antifascisme en 2022, comment le préserver des ignobles déformations d’ultra-gauche? Comment faire en sorte qu’il y ait des campagnes unitaires les plus larges possibles contre l’extrême-Droite?

Vous aimerez aussi...