Lutter contre l’extrême-Droite oui, mais donc contre le fascisme

Qui n’associe pas l’extrême-Droite au fascisme est condamné au libéralisme et à la défaite.

L’appel pour les libertés du 4 mai et celui pour le rassemblement contre l’extrême-Droite le 12 juin posent un énorme problème. En effet, qu’y apprend-on? L’appel du 4 mai est formel : l’extrême-Droite, ce serait le recul des libertés, le racisme et des mesures anti-sociales. Autrement dit, il n’y a aucune dimension antifasciste dans cet appel. L’extrême-Droite, ce serait les « fachos », et les « fachos » ce serait ceux qui empêchent les gens de faire ce qu’ils veulent. C’est exactement la même définition de l’extrême-Droite que les libéraux.

L’appel au rassemblement du 12 juin reprend exactement cette approche, dénonçant même une « société autoritaire de surveillance et de contrôle », c’est-à-dire assument entièrement de se positionner sur une ligne libérale. Cela n’a strictement rien à voir avec les valeurs de la Gauche historique.

Il suffit, pour s’en prouver, de regarder le programme du Front populaire. La question de la guerre y est omniprésente et quand il est parlé de libertés, non seulement elles sont précisées de manière concrète, mais elles sont mises en perspective avec l’affirmation d’une société nouvelle, se confrontant aux classes dominantes.

L’appel du 4 mai est donc creux et celui pour le rassemblement du 12 juin n’a aucune perspective. C’est à soutenir, mais sans illusion : l’échec est obligé.

On arguera que l’initiative des 4 mai et 12 juin ne vise pas à former un Front populaire. On répondra à cela que le Front populaire a fait ses preuves. Et, même en admettant que ce n’est pas ce qu’il faut faire, il faut au moins reconnaître que ce n’est pas en pleurnichant qu’on combattra l’extrême-Droite. Il faut un programme, des valeurs positives. Pas simplement dire que l’extrême-Droite est méchante, en réduisant les thèmes à quelques questions sociétales, sans comprendre que c’est la lutte des classes : la Gauche veut écraser la Droite, et inversement, et c’est normal.

Par exemple, l’extrême-Droite fait le forcing sur la question animale. Il ne suffit pas de dénoncer cette démagogie : il faut faire mieux, être là à la base pour aider les animaux. Cela devrait être normal d’ailleurs pour toute personne de Gauche. Si on ne le fait pas, effectivement on se fait déborder. Mais cela les libéraux ne le comprennent pas : ce n’est pas le contenu qui les intéresse, mais les libertés formelles.

En fait cette critique n’est même pas assez dure, tellement ces appels relèvent du bricolage, suintant le désespoir. Il n’y a pas d’idées, pas de valeurs, encore moins de romantisme. C’est plat, cela ne fait pas rêver et on ne dirait même pas qu’il y a une crise directement mondiale comme l’humanité n’en a jamais connu jusque-là.

Cela montre de manière terrible comment en fait la Gauche française est totalement sous la coupe des petits-bourgeois, voire des bourgeois. C’est mesquin, sans ambition, étroit d’esprit, pragmatique… Personne dans le peuple ne peut adhérer à une telle chose.

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