Trois ouvriers de Renault Trucks licenciés pour avoir secoué un distributeur de boisson

Les ouvriers n’ont aucune conscience politique ni sociale et la bourgeoisie fait ce qu’elle veut.

C’est le Progrès, de la métropole de Lyon, qui raconte une affaire à la fois pathétique et honteuse. Pour qu’une telle chose puisse se dérouler, c’est vraiment qu’il n’y a en France rien à sauver pour le moment!

« Secouez-moi » disait la pub Orangina. Mal en a pris à des salariés de l’usine Ponts Essieux du constructeur de poids lourds à Saint-Priest. Pour avoir malmené un distributeur de boissons, ils vont pointer au chômage. Trois salariés de Renault Trucks Saint-Priest ont été licenciés en mai.

Les raisons suivent. Le courrier signé de la responsable RH Ponts Essieux, fait état d’une scène captée le 21 avril par une caméra de vidéosurveillance. On y verrait le salarié, masque baissé, mettre quatre coups de pied dans un distributeur de boissons après qu’une pièce est restée bloquée. Puis il s’en va, revient avec un collègue qui aide au déblocage de la monnaie. Les deux hommes secouent alors le distributeur qui délivre deux canettes (…).

Précision : ce sont bien trois salariés de l’usine de Saint-Priest qui sont licenciés pour « vol » de canettes, et non deux. « Ce distributeur fonctionne mal. La scène s’est reproduite avec à nouveau deux salariés, dont un présent les deux fois », précise Michel Piot [délégué CGT Renault Trucks].

C’est lamentable, mais tout à fait représentatif. Le niveau de lutte de classe en France est à zéro. La CGT et l’ultra-gauche vendent du rêve, mais c’est de la fiction pure et simple. Tout comme le déconfinement mis en place fin juin 2021 révèle une France beauf, d’ailleurs admirative de l’Euro 2020 de football dans une sorte de passion triste nationaliste, le climat social montre que la bourgeoisie fait ce qu’elle veut et que les ouvriers mènent une vie simpliste.

Il y a bien en général une conscience diffuse des choses qui ne vont pas, cependant l’engagement est à zéro, la capacité à synthétiser inexistante, quant à la capacité de se sacrifier pour une Cause collective, n’en parlons même pas. C’est un constat affreux, mais il faut le faire si on veut transformer le monde. Qui ne reconnaît pas que l’aliénation est systématisée par le capitalisme ne comprend pas le capitalisme et ne peut tout simplement pas le combattre.

Cette affaire de licenciements est une preuve de tout cela. S’il y avait réellement une conscience sociale dans ce pays, jamais les trois ouvriers de Renault Trucks n’auraient été licenciés. Renault Trucks n’aurait d’ailleurs même pas essayé de les licencier. Il y aurait une unité à la base, il y aurait une capacité à exercer une contre-violence, sur la base des valeurs de la Gauche historique.

Mais comme les travailleurs n’ont aucune critique du salariat ni de la société de consommation systématisée, ni une conscience écologique ou des valeurs morales de la Gauche historique… ils ne font rien, ils sont passifs, ils regardent les choses de loin, quand ils ne votent pas Le Pen dans une sorte de vague expression contestataire. Donc Renault Trucks peut licencier, preuve d’arbitraire mais également d’une volonté d’intimider.

La facture d’une telle passivité va être très salée. On peut s’inspirer ici de ce que dit Clara Zetkine. Peu importe qu’on soit d’accord avec elle quant à son évaluation générale ou pas, il y a quelque chose de très parlant quand elle dit que dans une situation de crise si les uns ne font rien alors les autres prennent le dessus.

La terreur instaurée par Horthy [en Hongrie à la suite de la révolution hongroise mise en déroute] fut une vengeance. L’exécuteur de cette vengeance est la petite caste féodale des officiers.

Il en va autrement du fascisme. Il n’est nullement la vengeance de la bourgeoisie après un soulèvement du prolétariat. Historiquement et objectivement, le fascisme est bien plus un châtiment infligé parce que le prolétariat n’a pas continué la révolution commencée en Russie.

Et le fascisme ne repose pas sur une petite caste, mais sur de larges couches sociales, qui englobent même une partie du prolétariat.

On connaît une crise. S’il n’y a pas une réponse des uns, il y aura une réponse des autres. S’il n’y a pas la réponse démocratique du peuple, il y aura la réponse anti-démocratique par le militarisme, la fascisation, la guerre, le fascisme.

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