L’idée d’un capitalisme organisé laissant courir les virus…

C’est un classique de la paranoïa petite-bourgeoise.

Au sens strict, c’est anecdotique au point de n’avoir aucune importance. C’est un petit article, publié sur un blog d’ultra-gauche, traitant de la question de la pandémie selon un point de vue délirant. Ce n’est pas lu, cela n’intéresse personne.

Seulement, on l’a vu, la société française est travaillée au corps par les points de vue délirants. Alors, autant mentionner cette curiosité ou plutôt cette monstruosité puisque l’article dit que les capitalistes font exprès de laisser courir les virus pour faire du profit.

En ce sens, c’est intéressant, car c’est un point de vue qu’on retrouve de manière régulière chez les anti-pass sanitaires. La paranoïa visant ce qui est dénommé « Big Pharma » est typique du genre. Voici ce que cela donne :

L’annonce de l’OMS selon laquelle le coronavirus n’est pas d’origine humaine n’est pas vraie, le coronavirus est d’une responsabilité humaine.

Les puissances impérialistes sont également responsables de l’apparition de nombreux virus qui ont tué des millions de personnes dans le monde, parmi ces virus, le V.I.H./SIDA a tué plus de vingt-deux millions de personnes dans le monde et les gens meurent encore aujourd’hui de la pandémie du V.I.H./SIDA et il y a encore beaucoup de gens qui sont infectés par ce virus.

Les populations de la région d’Afrique australe sont les plus infectées au monde par le V.I.H. et la pandémie de SIDA.

Tous les efforts déployés par d’autres scientifiques, comme le professeur J. Segal, dans le cadre de leur projet intitulé “New Direction”, qui visait à produire l’anti-P24 afin de guérir la pandémie de VHI/SIDA, ont été rejetés par le régime impérialiste dirigé par l’impérialisme américain.

Ce n’était pas une erreur de la part des puissances impérialistes de bloquer tout effort visant à produire un remède contre le virus du sida, car leurs grandes sociétés pharmaceutiques tirent de gros profits de l’apparition de ces virus.

Les pays du tiers monde sont les plus désavantagés financièrement et économiquement par l’apparition de ces virus, comme c’est le cas actuellement avec la pandémie de corona.

C’est la rhétorique petite-bourgeoise classique : le grand capital tire les ficelles, tout ce qui se passe lui est conforme, étant prévu et mis en place par des complots.

Et par ce qui se passe, il faut comprendre ce qui empêche le petit-bourgeois d’être petit-bourgeois. Plutôt que de dénoncer la condition animale amenant la pandémie, le petit-bourgeois va imaginer un complot organisé afin de l’appauvrir et de l’empêcher de devenir un bourgeois, en verrouillant les richesses.

Cette dénonciation d’un capitalisme organisé secrètement et manipulant les gens tels des marionnettes relève très exactement du fascisme, historiquement.

Le point de vue sur le SIDA n’étonnera pas non plus si l’on sait que cet article vient en fait d’Afrique du Sud (du Parti Communiste d’Afrique du Sud Marxiste-léniniste, et non pas du Parti Communiste d’Afrique du Sud comme le prétend le blog d’ultra-gauche concerné). Il y a dans ce pays depuis le début une intense propagande, à un moment même gouvernementale, affirmant que le SIDA et le VIH ne sont pas liés, qu’il y a un complot impérialiste, etc.

Quant au professeur J. Segal mentionné, c’est en fait Jakob Segal, un agent du KGB lié à une opération d’intox affirmant que les États-Unis auraient fabriqué le VIH.

On notera pour conclure que ce thème d’une manipulation médicale par un capitalisme organisé est un classique cinématographique. C’est très exactement le thème de la série des films « Alien », ou encore du film post-apocalyptique Absolon de 2003 avec Christophe Lambert, une horreur littéralement exemplaire dans le genre.

C’est en quelque sorte une conception des choses propre à une couche sociale ayant profité de toute une époque, celle d’un capitalisme qui a suffisamment tourné pour lui permettre d’exister.

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