Appel au gouvernement contre l’abandon des animaux

La tribune est signée quelques acteurs, humoristes, chanteurs, influenceuses…

C’est une tribune intéressante, forcément, de par le thème. L’abandon des animaux est en effet commun à tous les pays occidentaux en général et il a augmenté de manière très significative ces derniers mois, à la suite d’achats compulsifs au moment du confinement.

Il y a ici un véritable drame historique et cette tribune témoigne qu’en France, il y a une véritable opinion démocratique qui se maintient.

Après, cela a ses limites, car cela relève souvent de ce qu’on peut ou doit appeler la petite-bourgeoisie intellectuelle – et dans le capitalisme, les humoristes et les miss France en font partie…

Pour cette tribune, les problèmes sont ainsi flagrants. Déjà, elle est à l’origine publiée de manière payante sur Lemonde.fr. Ce n’est pas démocratique.

Ensuite, on y trouve un éloge du gouvernement qui se serait mis à soutenir les associations face aux abandons.

Là, ce n’est pas seulement pas démocratique, c’est anti-démocratique. Parce que même en admettant que ce soit le cas – et ce n’est pas le cas, évidemment – c’est aux associations de le dire, pas aux signataires de la tribune.

Ici ce n’est pas une erreur, mais une faute, de la part d’humoristes, d’un moine bouddhiste, d’une influenceuse dont la dernière vidéo est une publicité pour le site d’habits fashion-luxe Farfetch… Cela ne veut pas dire que ces gens ne veulent pas bien faire, ni qu’ils ne font pas déjà des choses bien. Mais il faut savoir servir une cause, s’y insérer, et non pas venir plaquer des sentiments ou des idées.

Rappelons ici que le gouvernement prétend avoir pris différentes mesures (sensibiliser, accompagner, sanctionner), « accompagner » signifiant enfin se mettre à évaluer le nombre d’animaux abandonnés et fournir 20 millions d’euros aux associations et refuges.

Or, cet argent, on attend de le voir ; ensuite, qui l’aura? On attend de le voir. Est-ce suffisant? Cela, pas la peine d’attendre de le voir, c’est tout vu, c’est non.

Et rappelons que ces 20 millions d’euros font partie du plan de relance de l’économie dans le cadre de la pandémie. Ce plan de relance est de…  100 milliards d’euros. C’est dire le caractère faible de la chose.

En ce sens la tribune part de bons sentiments, mais son axe est erroné. Il aurait fallu voir dans les faits ce que cela donne et non pas de manière abstraite en intellectuel.

On peut bien sûr ne pas attendre de gens aux bons sentiments d’avoir un vrai regard sur les choses et d’appeler à la nationalisation de tous les refuges et à leur gestion publique et démocratique. Mais dire que le choses avancent… alors que non, c’est erroné.

« Nous appelons le gouvernement à aller beaucoup plus loin pour lutter contre l’abandon des animaux »

Il est impossible d’ignorer la situation critique qui s’abat aujourd’hui sur les refuges animaliers de France, saturés partout sur le territoire et peinant à faire face à la vague d’abandons sans précédent qui déferle depuis le déconfinement. Il nous revient de prêter notre voix aux chiens, chats, lapins, hamsters et autres individus délaissés par milliers, dont le traumatisme et le tourment d’être abandonnés par les familles censées les protéger sont déchirants.

Notre gouvernement a publiquement reconnu l’ampleur de la crise et a mis en place certaines mesures, et nous en sommes profondément reconnaissants. Il est en effet vital et essentiel d’aider et de soutenir concrètement et financièrement les refuges et les associations qui les gèrent.

Néanmoins, aucun refuge ne sera jamais assez grand pour pouvoir accueillir tous les animaux mis au monde de manière irresponsable et achetés sur un coup de tête. Des solutions doivent urgemment être mises en œuvre pour s’attaquer à la racine du problème : il est indispensable de promouvoir la stérilisation et, de manière encore plus cruciale, d’interdire de vendre des animaux en ligne et dans les animaleries.

Des experts, des vétérinaires et des députés en attestent, une des solutions les plus efficaces pour endiguer cette catastrophe est la stérilisation des animaux de compagnie. Rappelons que, sans stérilisation, une chienne et sa progéniture peuvent mener à la naissance de 67 000 chiots en à peine six ans et, en sept ans, une chatte et ses petits peuvent engendrer le nombre astronomique de 370 000 chatons, tout cela dans un contexte où il y a déjà des milliers d’animaux adoptables et affectueux attendant dans les refuges de France.

La vente d’animaux de compagnie a suscité un vif débat à l’Assemblée nationale en mai 2021, avec une proposition de loi visant à interdire la vente d’animaux de compagnie sur les sites et plates-formes non spécialisés.

Pas étonnant, lorsqu’on sait que ce commerce mène à une transformation de l’animal en objet. Celui-ci est mis au monde pour le profit ; il est vendu comme une vulgaire marchandise, et subit dans d’innombrables cas négligence, maltraitance ou abandon.

Nous faisons face également à de nombreux vols de chiens de race qui sont ensuite revendus sans scrupule à travers des annonces en ligne, mais aussi à la découverte d’élevages clandestins qui cherchent à tirer profit de la demande en animaux de compagnie et enfin à des réseaux de trafiquants d’animaux de compagnie.

Ainsi, nous remercions le gouvernement d’avoir enfin pris conscience de l’immensité du problème et de la nécessité d’agir, mais nous l’appelons à aller beaucoup plus loin en mettant en place des mesures réellement efficaces pour lutter à la source contre les abandons, en promouvant la stérilisation des animaux de compagnie et en interdisant leur vente en magasin et en ligne, sur des sites comme Leboncoin.

L’immense intérêt pour la cause animale est impossible à ignorer – 89 % des Français déclarent que la protection et le bien-être des animaux de compagnie sont une problématique qui leur tient à cœur – et, aujourd’hui, les Françaises et les Français attendent des actions décisives pour faire cesser la maltraitance, la négligence et les souffrances des chiens, chats, lapins et autres animaux qui méritent une vie meilleure.

Signataires :

Nathalie Baye, actrice ; Marilou Berry, actrice et réalisatrice ; Laëtitia Bléger, hôtesse de l’air et viticultrice, Miss France 2004 ; Jacques Dutronc, acteur et chanteur ; Karine Ferri, animatrice de télévision et mannequin ; Rémi Gaillard, vidéaste et militant de la cause animale ; Greg Guillotin, vidéaste, scénariste et humoriste français ; David Hallyday, chanteur et musicien ; Bérengère Krief, comédienne et humoriste ; Raphaël Mezrahi, acteur et humoriste ; Jérôme Niel, acteur, humoriste et vidéaste ; Monsieur Poulpe, animateur de télévision et humoriste ; Matthieu Ricard, moine bouddhiste et écrivain ; Romy, influenceuse; Bruno Sanches, acteur ; Delphine Wespiser, animatrice de télévision, Miss France 2012 ; Lambert Wilson, acteur.

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