McDonald’s en crise, tout un symbole

Et cela avec 40 milliards d’euros d’endettement.

Dans le dernier numéro de la revue au format PDF « Crise », qui analyse ce qui est considéré comme une « seconde crise générale du capitalisme », on apprend que les 1250 restaurants britanniques de McDonald’s ne sont plus en mesure de proposer de milkshakes en raison des pénuries. Tiens donc, une telle chose est possible? On parle de McDonald’s tout de même, l’une des multinationales les plus puissantes et, il est vrai, également les plus endettées.

McDonald’s ouvre en effet des magasins à crédit, considérant que l’expansion est inévitable, ce qui amène ainsi une dette de… 40 milliards d’euros!

Mais donc, McDonald’s fait face effectivement à des pénuries en Grande-Bretagne, si l’on cherche des informations à ce sujet. C’est dû aux difficultés d’approvisionnement: les contacts de malades du covid doivent s’isoler et la chaîne logistique est cassée… et les pénuries s’installent. Le Brexit n’aide pas, évidemment, car cela a produit le manque de 100 000 chauffeurs routiers en raison des contraintes administratives…

Donc, pas de milkshakes et là même c’est le Coca Cola en canettes qui commence à manquer à l’échelle du pays!

Mais McDonald’s n’a pas que des soucis d’approvisionnement. Il manque également du personnel, comme d’ailleurs dans la restauration en général. Beaucoup de gens sont partis car ils n’étaient plus dans l’élan les amenant à réaliser un travail harassant et mal payé. C’est vrai dans tous les pays où il y a un certain niveau de vie et où on se dit qu’on peut bien trouver autre chose.

En Grande-Bretagne, de très nombreux postes sont vacants et les restaurants McDonald’s lancent de multiples appels. Au Canada, des restaurants McDonald’s propose mille dollars de bonus à l’embauche et 400 dollars si l’on présente quelqu’un qui est par la suite embauché. Aux Etats-Unis, dans l’Oregon, un McDonald’s propose même d’y travailler désormais dès l’âge de 14 ans.

En France, on n’a rien de tout cela. On se souvient de la ruée sur les ventes à emporter au moment des assouplissements du confinement. McDonald’s est d’ailleurs intouchable en France. Tout le monde trouve cela très bien et même, beaucoup de gens attendent impatiemment un McDonald’s de par chez eux pour trouver de l’emploi. McDonald’s a une image familiale, de fournisseur de satiété, d’une certaine accessibilité populaire, d’une forme de prospérité économique…

C’est pourtant le scénario catastrophe que McDonald’s: les animaux sont massacrés industriellement pour une nourriture plus que critiquable au niveau diététique, tout cela avec des employés mal payés pour un travail répétitif, borné, épuisant psychologiquement. C’est vraiment un mélange d’oppression et d’exploitation, et si on ajoute la déforestation réalisée pour produire des aliments pour les animaux mangés ensuite, on a un scénario apocalyptique.

Et cet apocalypse est en expansion, ce qui n’est pas possible, à un moment cela s’effondre, et le recul provoqué par la pandémie va frapper un grand coup. McDonald’s a eu un chiffre d’affaires qui a reculé de 20% en 2020. Il a relancé la machine, notamment avec les livraisons, mais c’est fragile… Il faut d’autant plus commencer une dénonciation de cette production-consommation typique du capitalisme du vingtième siècle.

La crise économique doit s’accompagner d’une bataille des valeurs!

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