Les anti pass sanitaire ont raté leur rentrée

C’est un début d’effondrement, alors que le pays les ignore maintenant totalement.

Le mouvement anti pass sanitaire devait passer un cap à la rentrée. En fait, il s’effondre, devenant toujours plus marginal et hors sol. Alors qu’ils ont connu un pic à 237 000 participants en plein milieu de l’été, les manifestants n’étaient plus que 121 000 le samedi 11 septembre 2021 selon les chiffres officiels (ils étaient 140 000 la semaine dernière et 165 000 la semaine précédente).

C’est un recul net, un échec à devenir un mouvement de masse. A titre de comparaison, c’est moins de personne qu’à la Fête de l’Huma du PCF, qui a lieu en même temps.

Le mouvement anti pass sanitaire aurait pu devenir le centre d’une vague de contestation dans le pays, sur un mode plébéien typique de l’extrême-Droite mais visant large. Mais il y a bien trop de folklore, de fausse radicalité et de simagrée pour que cela marche en France.

Le capitalisme a encore beaucoup trop de chose à apporter aux yeux des français libéraux et consommateurs pour qu’ils acceptent de se mettre en branle contre le train-train quotidien. On imagine que Marine Le Pen aura de son côté beaucoup plus de succès ce dimanche 12 septembre en annonçant au JT de 20h sa volonté de nationaliser les autoroutes comme mesure phare.

En tous cas, les anti-pass sanitaire sont passés à côté de quelque-chose, car ils ont heureusement focalisé de manière hystérique et unilatérale sur la question du refus du pass sanitaire, au lieu de s’appuyer sur un esprit large et relativiste typique des français. C’est un peu le mal de l’extrême-droite dans ce pays, qui est largement conforme à des pans entiers de la population sur le plan des idées et du fond du projet, mais qui se heurte à la réalité en pratique.

Est-ce une bonne chose pour la Gauche ? Oui et non. Oui, car c’est autant de temps gagné, et c’est vraiment tant mieux qu’un mouvement aussi anti-social que celui refusant le pass sanitaire recule. Non, car cela empêche clairement la Gauche de se mettre à niveau, de prendre la hauteur culturelle et idéologique nécessaire pour écraser l’extrême-Droite et mettre en place un programme démocratique et populaire.

Il n’y a vraiment pas de temps à perdre pour se reconstruire sur des bases saines et solide, avec une vraie dynamique populaire.

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