Le général Burkhard fait assumer à la France la « guerre hybride »

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Le saut qualitatif est désormais ouvertement assumé.

Le général Burkhard, chef d’état-major des armées depuis moins de cent jours, a exprimé lors d’un point presse la nouvelle stratégie française, qui est d’assumer la guerre « moderne » aujourd’hui qualifié d’hybride pour dire qu’en fait, tout comme juste avant 1914, elle concerne tous les domaines.

Le point presse avait comme prétexte l’audition du général le 6 octobre 2021 par la commission de la défense de l’Assemblée nationale dans le cadre du projet de loi de finances 2022. Naturellement, tout ce qu’a dit le général est passé par le filtre d’une presse totalement acquise aux intérêts agressifs de la France et qui, par conséquent, présentent les choses de manière lisse.

Citons ici Le Figaro :

« Le cycle «paix-crise-guerre» n’est plus opérant, expliquait le général la semaine dernière en recevant quelques journalistes. 

«Il n’y a plus de phases de paix, mais des phases de compétition», auxquelles succèdent des moments «de contestation», caractérisés par la politique du fait accompli.

Il s’agit de «la guerre juste avant la guerre», comme l’annexion de la Crimée par la Russie. Parfois, la contestation peut dériver en «affrontement» militaire qui peut aussi opposer des puissances majeures, complétait Thierry Burkhard.

Mais la plupart du temps, tout se jouera avant. «De grands compétiteurs cherchent à imposer leur volonté durant les phases de compétition», poursuivait-il, en pensant au minimum à la Russie ou à la Chine.

Celles-ci se déroulent sur tous les terrains possibles : militaire, diplomatique, informationnel, spatial, économique, juridique… Les domaines de lutte semblent voués à s’étendre indéfiniment. »

Citons ici Le Monde :

« Alors que la course aux armements ne cesse de s’exacerber partout dans le monde et que les conflits hybrides se multiplient, la formule du nouveau CEMA reflète la volonté d’avancer sur des domaines jusque-là assez marginaux ou peu assumés au sein des armées : notamment l’influence et la lutte informationnelle (lutte informatique d’influence, ou LII).

Des champs d’action sur lesquels la Russie, la Turquie ou encore la Chine sont depuis longtemps positionnées, mais où le général Burkhard souhaite désormais engager la France de façon plus décomplexée, tout en défendant son statut de « puissance d’équilibre ».« 

C’est tout à fait en phase avec les multiples productions visant nommément la Chine et la Turquie ces tous derniers temps (comme le rapport de Sénat sur l’université, l’étude militaire française de 600 pages qui appelle à renverser le gouvernement chinois). C’est la grande hypocrisie : comme la France serait en retard dans la compétition, il faut d’autant plus aller de l’avant. Ce faisant, le fait qu’il y ait une compétition est acceptée.

C’est exactement la même démarche en 1914 : la France ne serait pas belliciste, ce serait uniquement les empires, seulement allemand et austro-hongrois bien sûr car l’empire russe était alors un allié. Et là cela recommence avec le même discours : on ne veut pas, mais on est obligé, on ne peut pas faire autrement, etc.

Et le général Burkhard est ici très clair, puisqu’il assume de parler de conflit de « haute intensité » et parle ouvertement de recruter largement pour l’armée dans dix ou vingt ans. Pour faire une guerre en effet, il faut des soldats et ce n’est pas avec la jeunesse française du début du 21e siècle que c’est possible… Il faudra donc brutaliser la société, la militariser, pour disposer de troupes fraîches.

D’où le terme de hybride, qui veut tout et rien dire, permettant de dire que la guerre est partout et qu’il faut donc militariser.

La France assume, en cette rentrée 2021, comme avec l’alliance avec la Grèce venant d’être signé, de rentrer entièrement sur la grande scène de la bataille pour le repartage du monde.