Zemmour ou l’avancée vers le fascisme

Le fascisme c’est la négation de la société civile.

Les Français n’ont pas connu le fascisme et par conséquent ils ne comprennent pas ce qui est l’essence du fascisme. Pour eux, le fascisme, ce sont des gens défilant au pas de l’oie en uniforme. Le régime fasciste serait un État policier, avec un policier à chaque coin de rue. La propagande tournerait de manière ininterrompue pour matraquer intellectuellement les gens.

C’est là une grossière erreur. Le fascisme, ce n’est pas l’affirmation de la politique, serait-ce une politique précise, d’un parti d’extrême-Droite. Le fascisme, c’est la négation de la politique. Ce n’est pas un mouvement extérieur à la société qui vient s’imposer à celle-ci par la force, mais la société qui se replie sur elle-même dans un mouvement intérieur.

Le fascisme n’est pas non plus un État policier, c’est une militarisation de la société, avec les gens participant eux-mêmes de manière volontaire au régime. Il suffit de regarder deux faits le montrant aisément. En 1945, les Allemands considèrent que la victoire sur le nazisme est leur défaite, car le régime était leur régime. De la même manière, il suffit de voir le nombre d’opposants au régime fasciste italien: il est historiquement extrêmement faible.

Dans les deux cas, la raison de cela est que le fascisme est le triomphe de la médiocrité dans la société, où dans un grand élan de négation de la politique, les gens délèguent les décisions à un appareil bureaucratique et eux-mêmes soutiennent cet appareil en militarisant la négation de la politique.

Cela n’a strictement rien à voir, par exemple, avec l’URSS de Staline ou la Chine de la révolution culturelle, qui sont au contraire des régimes alors ultra-politisés, exigeant la politisation au maximum de la part de la société.

Et c’est très exactement par contre ce que fait Eric Zemmour. Le discours d’Eric Zemmour se fonde sur des thèmes qui sont des prétextes. Ces prétextes servent le discours du repli, du refus de la politisation, de l’étouffement de la société civile. Le but c’est de permettre à un appareil bureaucratique-militaire de prendre les choses en main et d’organiser le repli nationaliste du pays sur lui-même.

C’est la France contre le monde.

On ne comprend souvent pas d’ailleurs le rôle de Donald Trump. Il n’a pas échoué dans sa mission, comme le montre le prolongement de sa ligne anti-chinoise chez son successeur Joe Biden. Il a joué un rôle historique à un moment donné, il a servi à orienter la société américaine, à la chiffonner, la faire avancer dans un certain sens.

C’est le rôle d’Eric Zemmour. Aussi faut-il le bloquer. Tout comme il faut bloquer Marine Le Pen. Et cela passe par le rejet complet de l’ultra-gauche, qui joue le rôle de cinquième colonne d’Eric Zemmour et de Marine Le Pen en disant qu’Emmanuel Macron est déjà d’extrême-Droite, qu’il ne faut pas faire barrage à l’extrême-Droite à la présidentielle et autres discours « ultras » en apparence mais de trahison dans les faits.

C’est un grand tournant historique qui se joue là et qui va être décisif pour la suite.

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