Le tournant national-populaire d’Eric Zemmour

L’orientation nationale-populaire s’affirme.

Dans une énième interview qu’il donne en ce moment, en l’occurrence à Thinkerview le 20 octobre 2020, Eric Zemmour a tenu des propos très importants pour comprendre son orientation. Il a dit en effet:

Ce n’est pas la colonisation qui a permis le développement économique de la France : ce sont les ouvriers français !

Cela est tout à fait juste, même si évidemment c’est unilatéral car le capitalisme français a, dans son exploitation des ouvriers, bien entendu profité d’un colonialisme lui procurant des matières premières à bas prix et des débouchés.

Ce qui compte ici c’est toutefois la thématique ouvrière et ces propos font écho à ceux tenus lors d’une conférence interview à Versailles devant le courant catholique conservateur. Eric Zemmour y a expliqué que la « Manif pour tous » a échoué pour avoir été trop « bourgeoise ». Voici ce qu’il a dit:

La Manif pour tous, en majorité bourgeoise, a échoué parce que les classes populaires y sont restées étrangères. 

Il faut trouver les axes qui rassemblent ces deux sociologies. Le sujet qui rassemble, c’est la question au sens large identitaire et de l’immigration. Les autres combats ne sont pas moins importants mais vont nous faire perdre. Il faut avancer avec le thème qui rassemble. Ensuite nous verrons bien.»

D’un côté, Eric Zemmour va à Milipol Paris, un grand salon du militarisme, de l’autre, il commence à parler des ouvriers, de la défense de leur niveau de vie. C’est là un grand écart typique du fascisme. Le fascisme c’est en effet une mobilisation de masse combinée à une révolution technocratique de l’appareil d’Etat.

Eric Zemmour travaille ainsi à ce que que l’occidentalisme qu’il professe se transforme en vague nationale-socialiste alliée à une révolution conservatrice, tout comme dans les années 1930 en Allemagne ou les années 1920 en Italie. Il veut des intellectuels technocratiques servant la haute bourgeoisie et un mouvement beauf élémentaire ayant une dimension de masse.

Il a un double discours, un pour chaque « sociologie », avec comme fil conducteur et moyen d’unifier ses propos un occidentalisme qui n’est en fait que le masque d’une France impérialiste agressive rejoignant de manière acharnée la grande bataille pour le repartage du monde.

Il veut concrètement ajouter à Marine Le Pen ce qui lui manquait, une « respectabilité » grande-bourgeoise, et tant qu’à faire remplacer Marine Le Pen elle-même en prenant la tête d’un mouvement « occidentaliste » populaire. C’est là une tâche malaisée, mais au moins Eric Zemmour parviendra-t-il à puissamment contribuer au bloc « conservateur révolutionnaire » et rien que cela, c’est un danger terrible.

Dans tous les cas, on est en train de connaître une période où la Droite avance tel un bulldozer.

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