L’Ukraine au bord du gouffre

L’escalade régionale amène une situation intenable.

Cela fait quelques jours que les Etats-Unis déversent l’information qu’il existe un mouvement de troupes russes en direction de l’Ukraine. Cette dernière prétend de son côté qu’il n’y a pas de mouvement de troupes et que c’est une intox russe. Les Etats-Unis ont pourtant maintenu le cap et intensifient de manière très forte leur accusation, parlant désormais d’invasion russe comme réelle menace, comme pour préparer l’opinion publique, alors que l’Ukraine amène elle-même depuis plusieurs jours des composantes armées près des pseudos « républiques populaires » du Donbass, dont de l’artillerie lourde.

Qui plus est, il y a quelques jours, Dmytro Iaroch a été nommé nommé conseiller du commandant en chef de l’armée ukrainienne. On parle ici du chef historique du « Secteur Droit », l’une des principales organisations fascistes ukrainiennes. Le drapeau du « Secteur Droit » flotte d’ailleurs sur le barrage devant le village de Staromarievka repris il y a quelques jours aux « républiques populaires » séparatistes. Ce sont les couleurs historiques des fascistes pro-nazis durant la seconde guerre mondiale.

On notera d’ailleurs qu’il existe une véritable organisée des fascistes ukrainiens de se massifier dans les académies militaires. Et sur les réseaux sociaux, Dmytro Iaroch a posté le message suivant à ses partisans nationalistes le 10 novembre 2021, notamment les « volontaires nationaux » dont il a été le responsable officiel dans l’armée :

« Il est possible que dans un avenir proche, votre expérience et votre potentiel militaire, de combat, organisationnel et humain, votre forte motivation et votre position d’État soient à nouveau nécessaires à l’Ukraine »

De la même manière, en Pologne l’opinion publique est chauffée à blanc contre la menace d’invasion russe et biélorusse. Il a même été annoncé que le nombre de soldats de l’armée polonaise devait bientôt pas moins que doubler! C’est dire le militarisme en cours. L’armée polonaise doit passer à 250 000 hommes (au lieu de 110 000), comme l’a annoncé le premier ministre Jaroslaw Kaczynski parlant des vélléités « impériales » russes.

Le 11 novembre était d’ailleurs le jour de l’indépendance polonaise, avec par conséquent traditionnellement des fortes mobilisations nationalistes, notamment de l’extrême-Droite, et également une allocution télévisée très offensive du président Andrzej Duda. Car il y a bien entendu la problématique migratoire actuelle, la Biélorussie ayant littéralement importé et laissé passé de nombreux migrants qui s’amassent dans des conditions sordides à la frontière polonaise, avec des interventions en série des militaires, garde-frontières et policiers polonais pour les bloquer.

C’est un drame humain qui se joue, avec des migrants encore une fois utilisés comme outil de déstabilisation. L’Ukraine envoie d’ailleurs de son côté 8 500 soldats à sa frontière avec la Biélorussie, alors que cette dernière a annoncé que ses frontières étaient désormais surveillées par son aviation et celle de la Russie. Le président biélorusse Alexandre Loukashenko a menacé également de fermer le gazoduc Yamal-Europe, qui alimente depuis la Russie à la fois la Pologne et l’Allemagne, alors qu’ont été immédiatement stoppées les négociations pour que l’Ukraine importe du charbon biélorusse après que la Russie ait il y a quelques jours cessé les siennes. L’Ukraine a demandé à la Slovaquie de l’aider pour l’électricité et espère une aide américaine.

Le chef de la « république populaire » de Donetzk, Denis Pouchiline, a de son côté affirmé le 11 novembre que :

« Nous devons nous préparer, nous préparer et nous préparer à la détérioration de la situation en première ligne. »

Il a également annoncé le même jour l’intégration de la « doctrine russe » dans la constitution : le Donbass serait russe, la langue doit être le russe, l’Eglise orthodoxe est un pilier national russe, etc. C’est là conforme aux volontés russes d’annexion de ce territoire ukrainien.

La Russie a par ailleurs dénoncé la présence de navires de guerre de l’OTAN en mer Noire, alors qu’il y a le 12 novembre 2021 une réunion des dirigeants des ministères des Affaires étrangères et de la Défense de la France et de la Russie à Paris en marge d’une conférence internationale sur la Libye.

Tout cela est catastrophique, comme expliqué depuis le départ avec les articles sur le conflit Russie-Ukraine. On est dans un contexte de crise et on marche littéralement à la guerre, à grande vitesse. La bataille pour le repartage du monde a déjà commencé et l’engrenage littéralement impérialiste accélère son rythme.

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