La différence entre la Droite, les fachos, le fascisme

Il est essentiel de faire la différence.

Du point de vue la Gauche gouvernementale, des post-modernes et des anarchistes, les gens empêchant de faire ce que l’on veut sont des fachos. C’est un point de vue libéral, anti-collectif, pour qui le Socialisme c’est la caserne, et il n’y a pas lieu de revenir dessus.

Du point de vue de la Gauche historique, le fascisme c’est une « contre-révolution » visant à saboter la lutte de classe des exploités en proposant une « alternative » communautaire nationaliste et militariste, à prétention romantique.

Cependant, et c’est là où il faut être fin, il existe une distinction significative au sein du fascisme. Il y a en effet d’un côté des « conservateurs révolutionnaires », qui veulent un retour en arrière marqué, dans un esprit aristocratique. Ce courant est historiquement extrêmement puissant en France avec le royalisme porté par l’Action française. Marion Maréchal s’y rattache notamment, et évidemment Eric Zemmour.

Voici une image représentant comment ces « conservateurs révolutionnaires » se considèrent comme radicalement différent des fascistes, ce qui est vrai au sens strict.

On remarquera ici que, au sens strict, il n’existe pas de courants fascistes en France. Il en existe en Ukraine notamment, mais il n’y a pas en France de courants fascistes, ou plus exactement il n’y en a plus. Il y avait par exemple le Groupe action jeunesse dans les années 1970, qui à la faculté d’Assas s’affrontait violemment avec le GUD : le « GAJ » était fasciste, le GUD conservateur révolutionnaire. Même Serge Ayoub, avec ses Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires, n’était pas un « national-révolutionnaire », mais un « nationaliste révolutionnaire », c’est-à-dire un conservateur révolutionnaire. Au sens strict, le dernier mouvement fasciste en France a consisté en les « nationalistes autonomes » de Picardie, qui ont implosé en raison de leur origine populaire basculant dans le lumpen et par la concurrence violente des conservateurs révolutionnaires.

On notera ici que les fascistes se revendiquent par ailleurs toujours des débuts du fascisme italien et du national-socialisme allemand, considérant qu’après il y a une « trahison » conservatrice révolutionnaire. C’est qu’ils cherchent en pratique, sans le savoir, à concurrencer le Socialisme. Si l’on prend le tableau ici montré, on peut voir que la plupart des éléments correspondent aussi et en fait fondamentalement à la Gauche historique !

C’est pour cela que les anarchistes, les trotskistes, les post-modernes considèrent les tenants de la Gauche historique comme des « fachos ». Ils sont contre l’idéologie, le romantisme (sur le plan personnel, et en fait le classicisme en esthétique), l’État total, l’Homme nouveau, le collectivisme généralisé, etc.

On soulignera par ailleurs que les conservateurs révolutionnaires n’ont pas d’idéologie, mais une doctrine. Tout comme le socialistes français historiquement, ils n’ont pas de corpus bien déterminé. On cherchera en vain des textes de portée idéologique chez Jean Jaurès et Charles Maurras. On ne trouvera que des remarques, des articles contextuels, des points de vue approfondis. Ce n’est pas un système fermé. C’est tout à fait flagrant dans l’approche d’Eric Zemmour par exemple, ou du philosophe Michel Onfray, ou encore de l’écrivain Albert Camus, etc. C’est très français comme approche.

D’où l’accusation toujours faite contre la Gauche historique d’être allemande ou russe. Et permettons de nous dire qu’il serait bien temps sur ce plan d’être allemand ou russe. Car contre le fascisme et ses variantes – conservatrice révolutionnaire – il faut une capacité d’analyse bien développée, une base idéologique solide pour comprendre les choses.

Il faut combattre le fascisme et on ne peut pas combattre ce qu’on ne comprend pas !

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