Être antifasciste c’est comprendre la guerre et la combattre!

Le fascisme est le moyen pour le capitalisme d’aller à la guerre.

L’émergence politique d’Eric Zemmour a amené beaucoup de gens à dénoncer une extrême-Droite conquérante. Malheureusement, c’est trop souvent parasité par des esprits finalement libéraux ne voyant en l’extrême-Droite qu’une expression conservatrice, raciste, nostalgique, antique même, et n’hésitant pas en ce sens à propager les pires valeurs du turbocapitalisme au nom de la « modernité ».

Car qu’est-ce que le fascisme? Le fascisme, c’est la guerre à l’intérieur et à l’extérieur, c’est la mobilisation de l’Etat et de la population pour améliorer, renforcer, étendre le capitalisme national. Aussi, quel sens y a-t-il à dénoncer l’extrême-Droite si c’est pour laisser la France se ranger totalement dans les rang de l’OTAN, pour accepter que l’OTAN fasse de l’Ukraine son jouet dans la guerre contre la Russie elle-même belliciste?

La vérité est qu’on ne peut pas se dire antifasciste, au sens le plus authentique du terme, si on ne comprend pas qu’il n’y a pas de fascisme sans guerre et inversement. On ne peut pas combattre Eric Zemmour ni Marine Le Pen si on ne voit pas qu’ils représentent la fraction la plus agressive du capitalisme français, celle qui veut se lancer entièrement dans la bataille pour le repartage du monde.

Qui limite l’antifascisme à la confrontation physique avec des racistes, qui résume le fascisme à un conservatisme passéiste, n’a pas compris la nature du fascisme en ce qu’il est le produit d’un capitalisme cherchant à sauver sa peau à tout prix.

Et est condamné à échouer, car le fascisme se nourrit par vagues selon les contextes du capitalisme, que ce soit par la crise interne ou les conflits internationaux. Que signifierait ainsi une guerre en Ukraine? Elle impliquerait une prise de conscience majeure de la bourgeoisie française qu’on a changé d’époque, qu’on est dans l’ère des conflits en tant que tel et que, par conséquent, il faut réformer l’Etat, réorganiser la société, assurer une mobilisation à tous les niveaux pour assurer que la France « tienne son rang » et même élargisse la part de son gâteau dans la répartition économique mondiale.

Peut-on ne pas comprendre cela en compte quand on combat le fascisme?

Il va de soi qu’on ne le peut pas, pas plus si on ne voit pas le lien étroit entre le consumérisme forcené du capitalisme, l’écrasement des personnalités et des facultés, et l’extension du fascisme comme mouvement de dépolitisation et d’infantilisme généralisé.

La question de la guerre en Ukraine, du conflit entre l’OTAN (dont la France) et la Russie, entre la superpuissance américaine et la Russie, est directement liée à la question du fascisme. Elle en forme même un aspect essentiel, parce qu’elle décide de la vitesse de la « compréhension » de la situation par la bourgeoisie en général. Il serait terrible ici que la bourgeoisie comprenne la gravité de la situation avant les plus larges masses. Celles-ci auraient alors toujours un train de retard et seraient incapables de mettre en échec le militarisme, le nationalisme, le fascisme.

Qui parle du fascisme mais ne parle pas de la guerre n’a pas compris la nature du monde, la direction que prennent les choses, les exigences de notre époque!

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