« La Fabrique Défense » : un grand rendez-vous de propagande militariste et belliciste

En l’absence de dénonciation de l’armée française, celle-ci fait ce qu’elle veut.

L’armée française a réussi son pari de pérenniser, malgré la pandémie, un événement annuel intitulé la Fabrique Défense, consistant en plusieurs initiatives telles des conférences ou petits événements dans une cinquantaine de villes, mais surtout un grand rassemblement à la Grande Halle de la Villette de Paris, sur pratiquement 20 000m².

Il y a a ainsi, à destination du grand public, du 28 au 30 janvier 2022, des débats et conférences, présentation des innovations, un forum des métiers, des wargames et serious games, des reconstitutions historiques, des ateliers de simulation de gestion de crise, des projections de films, des simulateurs et des activités sportives, etc.

Une manière de faire de la propagande, de recruter, de générer une ligne « populaire » pour faire passer les thèmes militaristes. L’armée française est 100% gagnante avec une telle iniative.

Une ode au bellicisme, qui connaît donc sa seconde édition, et qui passe totalement sans problèmes dans une société française consumériste laissant l’armée faire ce qu’elle veut. Ce n’est pas pour rien qu’aucun candidat à la présidentielle, fut-il contestataire, ne parle de la question ukrainienne si brûlante actuellement.

Cette « Fabrique Défense » a également un appui ouvert d’institutions universitaires. Dans ces dernières il y a pourtant toujours des gens se revendiquant de gauche ou très à gauche. Mais ils ne voient rien du tout, ce qui est une honte. Pire, ils s’en moquent, préférant en rester sur des thèmes sociétaux qui sont ouvertement accompagnés par le capitalisme lui-même.

On parle ici, entre autres, de Sciences Po Aix, de l’Université de Toulon, de Paris 8, de l’Inalco, de Sciences Po Rennes, de Sorbonne Université Lettres, de Sciences Po Lille, de l’Université de Poitiers, de Paris II Panthéon Assas, l’’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace (supaero).

Il faut également mentionner, comme institutions soutenant le militarisme de manière étroite, le Centre National d’Etudes Spatiales, le Conservatoire National des Arts et Métiers de Saint-Brieuc (formant par exemple un linguiste en russe spécialisé en géopolitique), l’école Polytechnique… Et il est important de souligner ici que de très nombreuses associations et thinks tanks convergent directement avec l’armée française, comme Dauphine Stratégie Défense, l’Institut Montaigne, ou encore des écoles, comme l’École nationale supérieure de techniques avancées.

On peut retrouver la liste ici.

L’existence de la Fabrique Défense est révélateur de la faiblesse totale de la compréhension par les gens en France du militarisme, mais également et surtout du bellicisme dans le cadre de la bataille pour le repartage du monde. Les gens ne croient pas en la guerre, pas même les gens les plus à gauche, car ils acceptent intérieurement, même les gens les plus à gauche, que cela ne les concerne pas, que ce sont des guerres lointaines, que tout ce qui compte, c’est une France riche où on puisse râler comme on l’entend, voire se dire anarchiste.

Du moment que le niveau de vie est là, qu’il y a la sécu, du travail par-ci par-là et surtout le moyen d’acheter une propriété à crédit, ça va !

L’armée française a très bien compris ce phénomène historique en instaurant l’armée de métier. La professionnalisation lui permet de parfaitement accompagner la « gestion de l’ordre » à l’échelle mondiale.

Sauf que maintenant avec la bataille pour le repartage du monde, on en revient comme à avant 1989, à la nécessité d’une vaste dimension militaire. La corruption petite-bourgeoise va avoir un prix : celui de se voir insérer de force dans le grand projet militariste français.

C’est un véritable drame historique qui attend les Français.

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