La superpuissance américaine et l’OTAN disent non à la Russie

Un camp doit désormais céder ou c’est la guerre.

Au sens strict, dire que la superpuissance américaine et l’OTAN disent non à la Russie est erroné, car l’OTAN est un outil américain. Il y a beau avoir des nuances au sein de l’OTAN, cela n’y change rien. Bien entendu, la Bulgarie vient d’affirmer qu’elle ne voulait pas de soldats américains sur son sol (mais d’autres pays), la Croatie a dit qu’en cas de conflit Ukraine/Russie elle enlevait ses soldats de l’OTAN, ce sont mille soldats français que la Roumanie va accueillir, enfin cela ne change pas grand chose au final.

Le fait est que, le 26 janvier 2022, c’est l’ambassadeur américain à Moscou, John Sullivan, qui a remis aux affaires étrangères russes une lettre des États-Unis et une lettre de l’OTAN (il a ensuite été prétendu qu’il n’avait pas remis la seconde lettre, car le symbole est plus que grossier tout de même). Les deux lettres disent la même chose : les exigences russes sont réfutées, mais tant les États-Unis que l’OTAN sont prêts à continuer à discuter.

En ce sens, le secrétaire d’État américain Antony Blinken et le chef de l’Otan Jens Stoltenberg ont chacun de leur côté tenu une conférence de presse, campant sur leurs positions.

Pendant ce temps-là, à Paris, avait lieu une réunion des partenaires des accords dit de Minsk, au format dit « Normandie », sous la forme des conseillers des présidents allemand, français, russe et ukrainien. C’était à une époque où la France suivait l’Allemagne dans la tentative de s’éloigner de la superpuissance américaine.

LAllemand Jens Plötner, le producteur de film et avocat ukrainien (à la mère russe) Andriy Yermak, un conseiller Russe dont le nom n’est mentionné nulle part enfin le Français Emmanuel Bonne

Voici le communiqué de la réunion, qui ne dit rien du tout, à part : « on va se revoir bientôt ». On remarquera qu’il est parlé d’un cessez-le-feu qui est dans les faits bafoués depuis 2014 de toutes façons.

Les conseillers des Chefs d’État et de gouvernement du format Normandie, avec la participation de représentants des ministères des affaires étrangères, se sont réunis à Paris le 26 janvier 2022.

Ils réaffirment que les Accords de Minsk sont la base du travail du format Normandie, et restent engagés pour atténuer les désaccords actuels dans les travaux à venir.

Ils soutiennent un respect inconditionnel du cessez-le-feu et une pleine adhésion aux mesures de renforcement du cessez-le-feu du 22 juillet 2020, indépendamment des différences sur d’autres sujets relatifs à la mise en œuvre des accords de Minsk.

Ils ont discuté de l’importance du groupe de contact trilatéral et ses groupes de travail pour intensifier leurs activités en vue de progrès rapides dans la mise en œuvre des accords de Minsk.

Ils sont convenus de se réunir de nouveau à Berlin dans deux semaines.

Que va-t-il se passe maintenant? L’Ukraine dit… qu’il n’y a pas de menace d’invasion à court terme, tout en armant 130 000 miliciens, avec naturellement toute l’extrême-Droite qui se précipite. Les États-Unis et le Royaume-Uni considèrent que c’est imminent ; il a d’ailleurs été demandé aux ressortissants américains de quitter l’Ukraine. La Russie répète sans cesse qu’elle ne veut pas envahir, mais alerte sans cesse sur les provocations ukrainiennes contre les « républiques populaires » du Donbass. La France et l’Allemagne aimeraient temporiser.

Au niveau militaire, l’Ukraine reçoit des centaines de tonnes de matériel militaire (américain et britannique principalement) mais cela ne changera pas grand chose face à l’armada russe en place. Il ne manque qu’une chose à celle-ci désormais : beaucoup plus de soldats, mais ceux-ci peuvent être très rapidement sur place alors que l’immense matériel militaire est déjà présent.

On notera ici au passage que si on lit très régulièrement que la Russie est pauvre, elle n’est pas pour autant ruinée ; elle n’est en fait non seulement pas endettée, mais dispose de plus 600 milliards d’euros de réserves. C’est cela qui joue aussi dans la confrontation dans le cadre de la crise ouverte par la pandémie, donnant naissance à la logique impériale.

La Russie fait partie du bloc avec les Chinois, à l’écart du grand impact causé sur le capitalisme mondial dont le cœur sont les pays occidentaux. Elle considère qu’il y a l’opportunité d’établir une dimension impériale face à un bloc très puissant mais devant, pense-t-elle, s’effriter.

Autrement dit, il est clair que l’objectif russe est de partir d’un incident du Donbass pour détruire l’armée ukrainienne et les milice nationalistes, former un gouvernement ukrainien pro-russe en abandonnant ce qui sera appelé les « Galiciens » (à l’ouest de l’Ukraine, avec la ville de Lviv comme centre) considérés comme étrangers à l’histoire « russe » intégrant les Ukrainiens.

Quant à la superpuissance américaine et au Royaume-Uni, ils rêvent que la Russie échoue et s’effondre, et tablent cyniquement pour cela sur une résistance ukrainienne à l’afghane.

La France est partante pour manger le gâteau russe, l’Allemagne aussi mais elle n’y croit que moyennement et pense que la Russie tiendra, aussi qu’il est bien de se rapprocher d’elle pour laisser passer le grand conflit sino-américain à venir.

Nous sommes comme avant 1914, avec les puissances manœuvrant pour leurs visées impériales. La guerre est l’actualité du monde capitaliste.

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