Ukraine : dans l’attente du prétexte

Chaque camp veut déborder l’autre.

Il existe un concept militaire dénommé « false flag », faux drapeau. Il consiste à mener une action en prétendant que c’est l’ennemi qui l’a fait, afin d’avoir un justificatif pour agir militairement. De part et d’autre, on s’attend à une telle opération. Encore est-il quand on dit de part et d’autre qu’on parle des États-Unis, du Royaume-Uni, du Canada et de la plupart des pays occidentaux, et de la Russie et des « républiques populaires » séparatistes.

Car en Ukraine, il n’y a officiellement pas de menace d’invasion russe. Le président Volodymir Zelensky et le ministre des Affaires étrangères Dmytro Kuleba insistent pour dire que la menace n’est pas présente, que les occidentaux en font trop et servent la soupe à la propagande russe visant à la déstabilisation. En même temps, on devine qu’ils disent cela pour ne pas provoquer une vague de panique, puisque, en même temps, ils demandent des centaines de millions de dollars de matériel à l’OTAN. D’ailleurs, les Pays-Bas et le Danemark ont dit qu’ils fourniraient du matériel militaire à l’Ukraine, la Pologne proposant un nouveau partenariat également.

Cependant, l’huile sur le feu continue d’être déversé de manière assez nette.  Oleksiy Danilov, le secrétaire du Conseil de la sécurité nationale et de la défense de l’Ukraine, a tout simplement expliqué que la mise en œuvre des accords de Minsk signifierait la destruction de l’Ukraine. C’est ni plus ni moins dire que l’Ukraine récupérera par la force le Donbass séparatiste et expulsera, liquidera les opposants, qui forment la quasi totalité de la population… dont sa propre mère. Elle vit à Louhansk, lui-même ayant été le maire de la ville et ensuite le gouverneur de la région.

Toujours en verve pour semer le trouble, la superpuissance américaine a également convoqué une session du Conseil de sécurité, obtenue par 10 voix contre 15, avec l’ambassadrice américaine aux Nations unies Linda Thomas-Greenfield accusant directement la Russie de vouloir envahir l’Ukraine. L’ambassadeur russe aux Nations unies Vassily Nebenzia a accusé les États-Unis de chercher à « créer l’hystérie » et a affirmé que même l’Ukraine ne parlait pas de menace d’invasion.

Et, peut-être de manière plus significative, le Royaume-Uni a dit qu’il frapperait les intérêts des oligarques sur son territoire, alors que la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki a dit que les États-Unis viseraient les intérêts économiques de tout le « premier cercle du Kremlin ».

Autrement dit, c’est une tentative occidentale d’intégrer les oligarques russes en leur disant : ne partez pas à l’aventure, laissez-nous avoir le dessus, c’est le moins pire pour vous il vous restera votre argent même si on prend le contrôle du pays dans vos mains.

C’est, pour le coup, opposer l’ordre capitaliste occidental tel qu’il existe, dont profite aussi la centaine de multi-milliardaires russes, à la tentative russe de forcer son expansion. Et c’est en même temps une sorte d’ultimatum pour forcer la Russie à la capitulation et à accepter la conquête de l’Est par la superpuissance américaine, l’OTAN et l’Union européenne.

On est là dans un degré de conflictualité historique. Et qui seront les victimes ? Le peuple, les animaux, la nature, tout ce qui vit. Et pour quoi ?

Si vous avez des sous, vous pouvez d’ailleurs soutenir l’association qui s’occupe des descendants des chiens abandonnés à la suite de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (les gens évacués dans l’urgence n’ont pas eu le droit de les prendre et beaucoup ont ensuite été abattus par l’armée). Cela remue. Tout comme la vidéo d’un homme se précipitant à l’eau à Donetzk pour sauver un chien pris dans l’eau glacée, le 31 janvier 2022 (une action nullement rare en fait dans ces régions). Il y a tellement mieux à faire que la guerre!

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