Le début de la généralisation de l’évacuation des ressortissants étrangers d’Ukraine

L’Inquiétude est désormais ouvertement palpable.

C’est tout à fait exemplaire de la double rhétorique des grandes puissances. D’un côté, la Russie maintient fermement qu’elle n’a aucunement l’intention d’envahir l’Ukraine, que c’est une « psychose » occidentale que de voir les choses ainsi, et que cela cache même une opération occidentale visant à faire agir militairement l’Ukraine !

Alors, en ce cas là, on le devine, la Russie serait obligée… d’envahir l’Ukraine. Ce que Denis Pouchiline, le dirigeant de la « République populaire » de Donetzk, a résumé comme suit lors d’une conférence de presse le 11 février 2022 :

« Nous sommes des gens sensés qui pensent que les générations à venir aimeraient bien sûr voir l’Ukraine dans le cadre de l’État de l’Union avec la Russie et la Biélorussie. 

Cela devrait être ainsi. Seulement ce ne sera plus l’État ukrainien, ce sera déjà une entité légèrement différente qui pourrait apparaître après une éventuelle opération offensive de l’Ukraine. »

De l’autre, on a la superpuissance américaine, qui a annoncé que tout en n’étant pas certaine à 100%, l’invasion russe aurait lieu le 14 ou le 16 février 2022, et que Kiev serait visée. C’est à la fois une analyse réelle et une orchestration littéralement cinématographique, avec la mise en place le 11 février d’un appel individualisé des 30 000 ressortissants américains en Ukraine pour savoir où ils en sont niveau évacuation.

Une liste significative de pays s’est d’ailleurs ajouté et demandent désormais à leurs ressortissants de quitter l’Ukraine les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, la Finlande, le Monténégro, la Norvège, la Lettonie, Israël, le Japon, la Corée du Sud, l’Estonie, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la question n’étant pas clair pour les fonctionnaires de l’Union Européenne, et alors que le Royaume-Uni a carrément décidé de fermer son ambassade.

La superpuissance américaine a également déplacé le 11 février des avions F-16 d’Allemagne pour les envoyer en Roumanie, tout en envoyant 3 000 soldats de plus en Pologne. Le même jour, le chef d’État-Major des armées des États-Unis Mark Milley a de son côté appelé ses homologues russe, biélorusse, français, allemand, canadien, italien, britannique, etc.

Le président américain Joe Biden a demandé à avoir le président russe Vladimir Poutine dès le 12 février au téléphone (et non lundi comme avaient proposé en réponse les diplomates russes), alors que d’autres appels entre dirigeants sont prévus le même jour.

Enfin, appelant au chapitre III du Document de Vienne de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), il y a un appel à se justifier pour les exercices militaires de la part de l’Estonie, de la Lituanie et de la Lettonie auprès de la Biélorussie, et de l’Ukraine auprès de la Russie.

On est là dans un imbroglio militaire montrant toute la précarité de la situation. Et il est faux de dire que cette situation a plusieurs années, que tout est « géopolitique » et autres explications qui n’en sont pas. La vérité c’est que depuis 2020 le capitalisme est en crise et qu’il se précipite dans la guerre. Qui ne veut pas voir cela rate la substance du déroulement des choses.

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