Ne pas s’étonner de s’étonner des événements en Ukraine

Beaucoup se demandent comment s’y retrouver dans les affres de ce conflit ukrainien qui n’en finit pas et qui est une source ininterrompue d’inquiétudes. Ce questionnement a un sens très profond, il exprime une angoisse saisissant le réel de manière paradoxalement adéquate. La guerre moderne ne se pose en effet pas de manière linéaire. Il n’y a pas deux blocs se faisant face mécaniquement et annonçant la couleur, comme dans un jeu vidéo ou dans une rencontre sportive. Ce n’est pas du tout comme cela que cela fonctionne.

La guerre moderne est en effet comme la crise : elle touche les questions militaires, mais également économique, politique, culturelle, psychologique, idéologique, sanitaire, informationnel… Tous les domaines sont concernés, même si à des degrés différents. C’est un savant dosage, très complexe, élaboré par des laboratoires militaires au moyen de multiples évaluations et scénarios, avec comme objectif de décontenancer, d’empêcher la lecture du processus mis en place.

Il ne faut donc pas s’étonner de s’étonner. C’est une bonne chose. Et c’est une chose encore meilleure d’étudier ce qui se passe avec le regard de la Gauche historique, comme nous le faisons. Ce n’est qu’ainsi qu’on n’est pas hors-sol, qu’on ne s’extasie pas devant telle ou telle manifestation corporatiste dans le pays, mais qu’on accorde toute son attention à la substance de son époque.

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