Le régime ukrainien corrompu ne fait pas le poids face à l’invasion russe

La nation ukrainienne risque son existence désormais.

Marioupol, un radar détruit non loin de la base du bataillon Azov également détruite

Dulce et decorum est pro patria mori, il est doux et honorable de mourir pour sa patrie. Encore faut-il que sa patrie ait un contenu qui corresponde à celui du peuple, et à notre époque de la démocratie. Sinon, cela n’a pas de sens. Et les couches dominantes utilisant le nationalisme conduisent ainsi des nations à la catastrophe, en les embarquant dans une aventure qui ne peut terminer qu’en désastre.

S’il est justement une chose qu’il est possible de dire de l’offensive russe du 24 février 2022, c’est que le régime ukrainien n’est pas à la hauteur de l’enjeu historique que vit la nation ukrainienne, parce qu’il est justement anti-populaire et anti-démocratique.

On peut ainsi remarquer trois aspects, qu’on peut considérer comme très vraisemblablement justes, malgré le black out informationnel. Tout d’abord, l’armée ukrainienne a été débordée en de multiples points. Sa solidité revendiquée a été fictive et ce qui est confirmée, c’est sa nature dilettante, corrompue (notamment au niveau des hauts officiers).

Ensuite, les masses ukrainiennes ne se sont pas mobilisées. Les gens sont terrorisés, ne voient pas de perspective ; il n’y a aucune mobilisation populaire de dimension nationale. Dans ce genre de situation, c’est catastrophique.

Enfin, la Russie est intervenue non seulement à l’Est du pays, mais également à l’Ouest. Elle prétend ne pas vouloir envahir le pays et faire une sorte d’opération de police générale, mais bien entendu c’est un mensonge.

L’ampleur de l’offensive est très importante, d’ailleurs. Ce sont notamment toutes les installations militaires principales qui ont été frappées, ainsi que les aéroports. Et il y a un large début des offensives terrestres. Kherson est apparemment tombée sans combattre, les troupes russes sont au niveau de la rocade entourant Kharkiv, même la ville d’Odessa est visée, des hélicoptère sont aux portes de Kiev. C’est le scénario idéal pour la Russie jusqu’à présent. Un régime oligarchique puissant et expansionniste balaie un régime oligarchique affaibli et vassalisé à l’occident.

Les frappes russes

Il va de soi que ni la Russie ni l’Ukraine ne dévoilent d’informations concrètes, notamment concernant les pertes. Cependant, on est ici dans une guerre moderne, et il y a une grande réflexion à faire à ce sujet. Tout est très technique, précis, coordonné, les forces militaires surajoutant en quelque sorte leurs forces les unes aux autres en permanence. C’est d’ailleurs pourquoi le régime ukrainien est condamné. S’il avait été démocratique et populaire, il aurait pu mobiliser en masse et avoir un soutien politique national. Là il ne peut procéder véritablement que par les regroupements ultra-nationalistes.

Cela renforce la panique générale dans le camp occidental, qui voit « la paix en Europe » se terminer. C’est un sentiment de stupeur, qui est masquée par une dénonciation très hypocrite de la Russie alors que personne n’a rien fait pour l’Ukraine depuis un an, à part mettre de l’huile sur le feu. Une Ukraine neutre aurait relativement permis d’éviter la situation actuelle, du moins de la rendre bien plus compliquée, mais les pays occidentaux ont tout fait pour faire de ce pays un porte-avions à grande échelle pour menacer la Russie.

La stupeur aboutit également à un sentiment de terreur pour des pays voisins comprenant que la Russie l’emportant les place en ligne de mire à moyen terme. Plusieurs pays ont proclamé l’état d’urgence : la Roumanie et la Moldavie, ainsi que la Lituanie. Si dans ce dernier cas, c’est surtout symbolique, la Moldavie risque en effet d’être prise à partie, en raison de sa non-appartenance à l’OTAN et de l’existence d’une poche séparatiste pro-russe, la Transnistrie, coupée du monde depuis 1991 d’ailleurs.

L’Ukraine a également coupé les ponts diplomatiques avec la Russie. Cependant, donc, le régime ne peut pas tenir. La Russie le sait et a refusé d’office toute négociation. La Chine, quant à elle, refuse officiellement de parler d’invasion russe : c’est logique, demain c’est Taïwan qui sera la cible de l’État chinois.

La boîte de Pandore est ouverte. La bataille pour le repartage du monde est entrée de plein pied dans l’Histoire – c’est le processus de la 3e guerre mondiale, qui ne commencera bien entendu pas demain, ni même après-demain… mais à moyen terme pourtant.

Articles recommandés