L’invasion russe visant à la destruction de la nation ukrainienne a commencé

C’est la guerre, l’horrible guerre.

Les événements du 23 février 2022 ont été suffisamment remplies pour que le soir, cela soit le début d’une nuit blanche pour la nation ukrainienne. Rappelons les brièvement (et notre documentation sur le conflit ukrainien est littéralement unique, d’ailleurs) pour leurs aspects principaux : dans la journée les « républiques populaires » de Donetzk et de Louhansk ont appelé à l’aide la Russie face à l’armée ukrainienne, dans la foulée l’Ukraine a déclaré l’état d’urgence, Volodymyr Zelensky s’adressant ensuite le soir en russe à l’opinion publique russe.

Vers minuit, la rumeur courait : l’offensive russe commencerait à quatre heures du matin. C’est qu’une atmosphère étrange a alors pris l’Ukraine et tous ceux dont le coeur battait à son rythme ; il était en fait absolument clair que la nuit serait celle, fatidique, où la Russie chercherait à effacer la nation ukrainienne pour satisfaire son rêve impérial. Les aéroports ukrainiens se virent recouverts de véhicules, notamment de tracteurs, pour empêcher l’arrivée d’avions russes de transports de troupes, alors que l’ensemble de l’espace aérien ukrainien était fermé par les autorités administratives internationales.

Et, effectivement, à quatre heures du matin, le président Vladimir Poutine annonçait le début d’une « opération militaire spéciale ». Ce message, consistant concrètement en une déclaration de guerre, était immédiatement suivie d’une multitude d’actions militaires russes et, pour ce qui est observable, avec un succès foudroyant. C’est que l’Ukraine n’a pas de forces aériennes et pas de réelles capacités anti-aériennes, aussi l’armée russe peut procéder à des frappes comme elle l’entend. Cependant, il semble y avoir également des assauts par des forces depuis la mer, ainsi que par le ciel au moyen de parachutistes, une grande spécialité russe (même née en Russie soviétique dans les années 1920), l’armée russe parachutant même des véhicules.

Les villes de Marioupol, Kharkiv, Dnipro, Odessa, Melitopol (proche de la Mer d’Azov) et Berdyansk (sur la côte de la Mer d’Azov)… font partie des cibles prioritaires apparemment, avec des troupes russes intervenant à Marioupol et Odessa, confirmant que c’est toute la côte sud de l’Ukraine qui est visée par la Russie. Rappelons ici qu’il est très clair que le Royaume-Uni entend clairement faire d’Odessa une de ses bases, ce qui forme un aspect important dans les contradictions entre puissances ; le 23 février 2022 il a été rapporté un propos de Ben Wallace, secrétaire d’État britannique à la Défense : « les gardes écossais ont battu les Russes en Crimée, on peut recommencer ».

C’est ici anecdotique, mais il ne faut jamais perdre de vue que l’Ukraine est ici avant tout la cible de la bataille pour le repartage du monde. Sa position est d’ailleurs intenable. Le président Volodymyr Zelensky a immédiatement mis en place la loi martiale, et dans une courte vidéo il a affirmé : « Pas de panique, nous sommes prêts pour tout, nous allons vaincre ». On peut et même on doit douter de la capacité de résistance du pays. De par la nature du régime – pro-occidental libéral en mode vassal en alliance avec les ultra-nationalistes littéralement nazis même – il n’y a pas grand chose à attendre, malheureusement.

Officiellement, du côté russe, ce n’est pas une « guerre », simplement une « opération spéciale » visant à démilitariser l’Ukraine, le ministère russe de la Défense affirmant que :

« Les infrastructures militaires, les installations de défense aérienne, les aérodromes militaires et l’aviation des forces armées ukrainiennes sont mis hors d’état de nuire avec des armes de haute précision. »

Il va de soi que ce n’est qu’une première étape. Agauche.org explique depuis avril 2021 que la Russie veut la guerre et le contrôle de l’Ukraine, c’est cela qu’il faut saisir, et pas croire la Russie qui a tout orchestré pour agir de manière apparemment « défensive » – même si en même temps l’OTAN vise clairement à faire tomber la Russie. Il ne faut pas se faire piéger et basculer dans le soutien à l’un des deux blocs se faisant face, et dont la première victime est ici l’Ukraine!

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