Les exécutions sommaires dans la guerre en Ukraine

Elles sont nombreuses, inéluctablement.

Il n’y a strictement aucune information à ce sujet, et pour cause : la guerre en Ukraine n’est pas menée par des armées populaires, soucieuses de la légalité démocratique. Le régime ukrainien veut se maintenir coûte que coûte, et les nationalistes ukrainiens l’épaulent veulent élargir leur champ d’action. L’armée russe entend amener un changement de régime, aussi entend-elle se débarrasser des cadres administratifs et politiques gênants.

Aussi, de manière certaine, les exécutions sommaires sont nombreuses, voire très nombreuses. Il est certain, de par la nature du régime ukrainien, que des gens considérés comme favorables à la Russie ont été supprimés. Cette tendance existait déjà avant l’invasion russe, avec les nationalistes ukrainiens maintenant la pression pour étouffer toute opposition. Elle ne peut qu’avoir été systématisée, de par la tension et de par la diffusion massive d’armes. Des gens sont supprimés pour ne pas être en mesure d’épauler l’armée russe, c’est évident.

Du côté russe, il faut assurer le contrôle des zones envahies lors d’une invasion, une chose très difficile, rendant d’autant plus nécessaire la mise hors d’état de nuire des menaces potentielles. Il ne faut pas s’attendre à autre chose de l’envahisseur qu’est une armée russe entendant imbriquer l’Ukraine dans la Russie. C’est un passage en force et l’objectif est de supprimer ce qui est hors du cadre attendu par l’invasion.

Il est d’ailleurs totalement stupide de considérer que la Russie espérait une victoire rapide, comme la propagande occidentale ne cesse de le dire. Si une victoire rapide était possible, alors c’est que le régime ukrainien était faible et la Russie n’aurait justement pas envahi, considérant encore comme possible un renversement du gouvernement, un changement de régime. C’est précisément parce que la Russie savait que le régime ukrainien s’était solidement implantée, sous l’égide occidentale, que la solution militaire a été considérée comme incontournable, afin de réorganiser l’appareil d’Etat ukrainien (en le divisant par une décentralisation régionale, en changeant le personnel dirigeant et les cadres administratifs, etc.).

Cette situation où un régime fait face à une intervention militaire pour imposer un nouveau régime n’est nullement révolutionnaire, mais l’antagonisme reste violent, puisque c’est littéralement personnel étatique contre personnel étatique, monopole de la violence contre monopole de la violence, cadres administratifs contre cadres administratifs.

La liquidation de cadres ukrainiens existants ou de cadres pro-russes potentiels est donc clairement un aspect non-dit, mais ayant résolument lieu. Il y a depuis le début de la guerre forcément une grande purge, qui doit être particulièrement vindicative et sanglante. Dès le déclenchement de la guerre, le régime ukrainien a forcément déclenché immédiatement une opération de liquidation, tout comme la Russie a cette pratique dans ses plans d’occupation.

On apprendra cela après la fin de la guerre, même si la vérité est toujours difficile à connaître lorsque les situations militaires sont extrêmes, comme avec les villes assiégées, les contrôles militaires et la censure, la propagande, etc. Mais il faut déjà avoir conscience de cet aspect pour saisir ce qui se passe en Ukraine.

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