Présidentielle 2022 : quoique vous fassiez, les dés sont jetés

La France n’est plus maître de son destin.

Il est trop tard. La guerre en Ukraine a fini, en se prolongeant, par approfondir une torpeur générale commencée avec la pandémie, avec à chaque fois un impact économique, culturel, psychologique, social. La France, congelée par la crise, a une surface politique désormais inexistante.

Tout se passe dans les profondeurs, et plus personne n’est en moyen d’influencer cela. Aucun mouvement politique, quel qu’il soit, n’a de prise à ce niveau, de par son absence d’impact, de pénétration dans les masses, d’ampleur activiste, d’influence idéologique, d’ancrage culturel.

Il est possible d’appeler à voter pour tel ou tel personnage, de ne pas appeler à voter, de voter blanc, tout ce qu’on veut, tout cela ce sont des mots, de vaines prétentions. C’est désormais ailleurs qu cela se joue, un ailleurs auquel personne n’a accès. C’est là-dessus qu’il faut se fonder quand on ne pratique pas l’escroquerie politique.

Cela ne signifie nullement qu’une telle attitude soit purement observatrice; bien au contraire, c’est dans une conscience claire que peut naître une subjectivité authentique, assumant la rupture avec le capitalisme et son quotidien infernal. C’est une question de mental, c’est une question psychologique. C’est nécessaire pour ne pas être corrompu.

En ce sens, Nathalie Arthaud et Philippe Poutou ont fait une erreur en se présentant. Ce ne sont pas des élections comme les autres. Même en arguant que leur stratégie est de profiter des élections pour faire de la propagande – ce que leurs mouvements font depuis cinquante ans par ailleurs – on ne s’inscrit pas impunément dans une phase d’effondrement sans en payer le prix politique.

On peut déjà le remarquer avec Fabien Roussel et Anne Hidalgo. Le premier, candidat du Parti Communiste Français, n’a cessé de se montrer sous le jour d’un beauf. Et la seconde a été incapable de proposer quoi que ce soit, à rebours des traditionnelles propositions socialistes. L’époque les a fracassés.

Quant à Jean-Luc Mélenchon, il a anticipé tout cela, c’est vrai, en abandonnant la Gauche pour le populisme. Il avait tout compris, et donc rien compris. Parce que c’est dans l’autre sens qu’il fallait aller.

Ce sens, c’est celui de la Gauche historique. Il faut viser la bourgeoisie comme classe, assumer la lutte des classes, comprendre la marche du capitalisme afin de rejeter ses valeurs. Il ne faut pas les accompagner en se faisant un promoteur du turbocapitalisme.

Il faut du contenu. C’est à ce la qu’oeuvre agauche.org, en s’inscrivant dans la durée, car la période future va être tourmentée, les années qui suivent vont être agressives, avec la guerre inévitable qui s’annonce de par le repartage du monde par les grandes puissances.

Et dans un tel panorama, ne pas parler des animaux c’est ne rien comprendre aux enjeux de notre époque. Plus on s’enfonce dans la crise, et moins on parle d’eux, alors que toute notre époque appelle à un rapport différent à Biosphère. C’est cela le combat de notre époque : abattre le cynisme, l’égoïsme, l’égocentrisme, promouvoir la compassion, l’empathie, construire une civilisation sur ces fondements.

Et cela n’a rien à voir avec la fausse bienveillance du consumérisme capitaliste notamment LGBTQ. On ne parle pas d’individualisme et d’acceptation des egos. On parle de collectivisme, de projet relevant de la collectivité, d’affirmation personnelle au sein du grand Tout qu’est la société, la Nature. Des valeurs qui sont totalement éloignés des gens en France, même des prolétaires, mais pas du prolétariat. Le décalage est ici immense. Il doit être résolu.

Et c’est l’Histoire qui va s’en charger, en reconstituant le prolétariat… avec la Gauche historique en première ligne pour mener cette tâche.

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