Un capitalisme à l’apparence inépuisable

En réalité, c’est le peuple qui est inépuisable.

En ce mois d’avril 2022, le capitalisme apparaît de manière superficielle à la fois comme stable et inébranlable. Ses capacités à surmonter les crises semblent innombrables ; on dirait qu’il est inépuisable.

La pandémie commencée en 2020 et la guerre en Ukraine n’ont ainsi en rien modifié les fondamentaux de la société française. Ce sont des événements majeurs pourtant, mais cela n’a fait qu’effleurer les gens. Il en va de même pour le réchauffement climatique et la question animale, qui parlent de manière bien plus évidente, tout en restant dans un lointain flou absolument caractéristique.

Car l’un des grands atouts du capitalisme, c’est précisément, au moyen de cycles de consommation sans cesse renouvelés, de tout rejeter dans le passé, ou bien de transformer les idées, les comportements, les valeurs… en marchandises. Le capitalisme est le mode de production inclusif par définition ; il se sert d’absolument tout pour se réimpulser.

De presque tout, faut-il dire en réalité, car il existe bien des conceptions et des positions que le capitalisme ne peut pas récupérer. C’est le Socialisme. Cependant, il faut pour le Socialisme toujours avoir à lutter pour éviter la corruption d’une part, et pour étudier l’évolution du cours des choses et ne pas se faire déborder de l’autre.

Avant 1914, la social-démocratie était hostile au capitalisme, et irrécupérable, et pourtant une erreur d’analyse du cours des choses a amené une très large – quasi totale même – capitulation devant la guerre mondiale entre grandes puissances. On peut barricader la porte de la maison Socialisme comme on veut, si on laisse ne serait-ce qu’une fenêtre ouverte, le capitalisme s’engouffre et démolit les fondements.

Il y a l’arrière-plan, et c’est bien cela qu’il faut saisir, une bataille pour le peuple. Le capitalisme de la société de consommation n’est pas imperméable à un prolétariat misérable et à l’écart de lui comme au 19e siècle. Bien au contraire, les prolétaires sont enfermés dans un capitalisme présent 24 heures sur 24. Le capitalisme propose toujours d’avoir autre chose à faire, individuellement, qu’oeuvrer au Socialisme.

On peut regarder le football, faire du vélo, aller au café, partir en vacances, sélectionner une série sur Netflix, faire du shopping dans un centre commercial, jouer à un jeu vidéo, etc. Rien de plus humain. En même temps, ce qui est humain est façonné par le capitalisme et est poussé dans le mauvais sens : dans celui de la superficialité, de la répétition, de l’individualisme, de la passivité.

Plus le capitalisme remplit la vie des gens au moyen de la consommation capitaliste, plus il vide les gens. Et plus les gens sont vidés, plus cela renforce les cycles de consommation capitaliste, et ainsi de suite. En fait, on peut même dire que si on enlevait le capitalisme aux Français en avril 2022, ils seraient désemparés dans leur vie individuelle. Ils perdraient tous leurs repères. On l’a bien vu avec le confinement, une époque de remise en cause désormais totalement passée aux oubliettes, même par la minorité l’ayant apprécié en ce qu’elle avait justement cassé le rythme capitaliste.

Le capitalisme apparaît donc comme inépuisable. Sauf que sur le plan interne, sa crise est inéluctable, car l’accumulation a ses limites et il faut par conséquent la guerre, et une pressurisation d’une partie toujours plus grande de la population, en raison du poids grandissant des monopoles. Le prolétariat a adopté un mode de vie petit-bourgeois avec la société de consommation, mais cela ne peut pas durer éternellement.

C’est pourquoi le Socialisme triomphera en s’appuyant sur ce prolétariat reconstitué par la crise, car c’est le peuple qui est réellement inépuisable, pas le capitalisme. Le prolétariat trouvera une voie à travers l’effondrement de la civilisation capitaliste. C’est inéluctable.

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