Parlement issu des législatives 2022 : l’instabilité anti-populaire

Le chaos capitaliste se fera aux dépens des prolétaires, et ce brutalement.

Il y a trois problèmes posés par les élections législatives 2022, très faciles à comprendre. Le premier, c’est que les prolétaires ne font rien ou bien soutiennent le nationalisme à prétention sociale. Marine Le Pen a été réélue haut la main dans le Pas-de-Calais (61,03%). Rien qu’avec cela, toute prétention à un changement révolutionnaire ou de rupture à court terme est anéantie. Les prolétaires ont un niveau de conscience lamentable, et tant qu’il n’y a pas de recomposition de classe il n’y aura rien.

Le second problème, c’est que la majorité présidentielle a grosso modo perdu la moitié de ses députés. Normalement, il y a une prime au gagnant de la présidentielle ; ici, le président Emmanuel Macron se retrouve avec une majorité de députés pour lui, mais une majorité relative, insuffisante donc. Étant donné que la Droite est restée avec le même nombre de députés grosso modo, cela veut dire que le gouvernement va devoir se droitiser brutalement pour se maintenir et pour cela il va falloir cogner sur les prolétaires.

Cogner, cela ne veut pas dire forcément les cibler dans des domaines précis. Il s’agit d’instaurer un climat général, afin de les pressuriser en général. Ce n’est pas le syndicalisme local qui va aider les prolétaires, mais une conscience de classe générale et une organisation générale. En attendant cela, les restructurations se réaliseront sans réelle embûche.

Le troisième problème, c’est la quasi disparition de la Gauche en France. Si on divise les tendances politiques en cinq parties, on a 2/5 pour le modernisme capitaliste, 1/5 pour le conservatisme capitaliste, 1/5 pour le nationalisme capitaliste, et enfin 1/5 pour la NUPES, conglomérat de partis issus de la Gauche historiquement (LFI, PS, EELV, PCF) mais incapable d’assumer ne serait-ce qu’une seule nationalisation.

C’est un problème immense, car les médias présentant la NUPES et son principal représentant, Jean-Luc Mélenchon, comme très à gauche. Cela sert de mobilisateur pour la bourgeoisie qui se chauffe avec la peur du « bolchevisme », cela sert aussi d’occupation petite-bourgeoise du terrain politique « à gauche ».

Il suffit de revenir dans le Pas-de-Calais pour trouver un exemple très représentatif. Depuis la fin des années 90, l’extrême-Droite y améliore son score dans la troisième circonscription à chaque élection législative. En 2017, un cadre local du PCF passé chez Marine Le Pen est devenu député. Décédé en 2021 après être passé du Front National aux Patriotes, puis à Debout la France, son suppléant laissa la candidature à un candidat RN qui fut battu aux municipales à Lens. C’est ce dernier qui a perdu en 2022 contre le Maire d’Avion.

Or ce maire d’Avion est connu pour ses sorties populistes. Il s’est opposé physiquement et devant la presse à des expulsions de locataires condamnés pour n’avoir pas payé le loyer de leur logement social, il parle de sa ville comme de  » la belle, la rebelle ». Il cultive l’image d’une gauche qui serait authentique et populaire parce que « anti-système » ou en tout cas grande gueule.

Évidemment, cet élu local a en même temps participé aux négociations menant au plan de développement économique dit « engagement pour le renouveau du Bassin Minier du Nord et de Pas de Calais » qui consiste à donner les clés du territoire à la bourgeoisie pour qu’elle utilise la population comme main d’œuvre captive.

C’est très parlant. On n’est pas ici dans une démarche de recomposition de classe et d’unité populaire, mais d’accompagnement social du capitalisme. Et il est évident qu’on ne pourra pas compter sur de tels gens lorsque le bellicisme va toujours plus avoir d’exigences en France, avec des implications militaires directes.

Telle est la réalité : les élections législatives sont un chaos aux dépens des prolétaires et la recomposition du prolétariat passe par l’aspect principal, la lutte contre la tendance à la guerre !

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