Le ciel commence à tomber sur la tête des Ukrainiens

C’est le suicide d’une nation.

Parmi toutes les folies du conflit russo-ukrainien, celle qui est la plus troublante, c’est le mélange de marasme et d’envoûtement qui a pris les Ukrainiens. Ces derniers n’ont rien compris à ce qui se passe, ni depuis la guerre, ni avec le déclenchement, ni auparavant. Ils se sont fait balader intellectuellement et moralement, ils ont suivi et accepté sans aucune réflexion, engageant la survie même de leur nation dans une voie mortellement dangereuse sans même le remarquer.

Il ne faut bien entendu pas parler ici de la poignée d’oligarques contrôlant l’Ukraine, ni de ceux directement vendus aux occidentaux (comme la Femen Inna Shevchenko qui a découvert son pays d’origine à l’occasion de l’invasion afin de promouvoir sa propre carrière), ni des nationalistes voulant une Ukraine « pure ». Ces gens-là ne représentent pas grand chose numériquement.

Il faut parler des Ukrainiens qui vivent comme tout le monde vit et qui attendent du lendemain qu’il assure pareillement que la veille le parcours d’une vie personnelle. Et ces gens, qu’on va qualifier de normaux, n’ont rien compris. Alors forcément, alors que les choses tournent très mal pour l’armée ukrainienne, le ciel tombe sur la tête de ces pauvres gens.

Que se passe-t-il en fait ? Après la tentative du choc initial, l’armée russe a renversé sa position. De son point de vue, puisque les Ukrainiens ne veulent résolument pas basculer, c’est qu’ils assument de rompre entièrement avec la culture russe (en fait les gens en Ukraine n’ont pas compris du tout cet aspect), partant de là il y a le droit d’agir en rouleau compresseur pour la conquête de zones entières… en clair jusqu’à Odessa pour former la Nouvelle-Russie, mais en prenant avant tout le Donbass dans son entièreté.

L’armée russe a ainsi procédé par vagues visant à encercler, en s’appuyant sur la contradiction interne à l’armée ukrainienne. Cette dernière répond à deux impératifs :

– les intérêts occidentaux principalement américains : il s’agit d’affaiblir au maximum la Russie, pas de gagner ;

– l’orientation belliciste et nationaliste visant à la reconquête de tous les territoires, y compris la Crimée.

Le premier impératif a triomphé jusqu’ici, avec notamment l’épisode de Marioupol, car cela passe par le fait de conserver au maximum des points importants pour bloquer l’armée russe, à fatiguer, etc. Seulement le 23 juin 2022 Valery Zaluzhny, le chef d’état-major, a exigé et obtenu la tenue une réunion d’urgence du Conseil National de Sécurité et de Défense, qui a annoncé alors le retrait des forces armées ukrainiennes de Severodonetzk pour éviter l’encerclement. Voici une carte de la situation (suivant le point de vue russe, qui est confirmé).

C’est un grand retournement, à un moment clef où l’armée ukrainienne est marquée par une certaine décomposition : la guerre continue malgré les promesses de victoire rapide sur l’armée russe, cette dernière continue d’avancer, 10% du PIB ukrainien est brûlé chaque mois dans la guerre, les pertes ukrainiennes quotidiennes ont explosé.

Le problème ukrainien est que Lysychansk va elle-même connaître un encerclement, rendant nul l’avantage d’être en hauteur par rapport à Severodonetzk. D’ailleurs juste en dessous, en rouge clair sur la carte, il y a la zone Gorskoje – Zolote, avec deux points jaunes indiquant des forces ukrainiennes, où l’encerclement est réalisé. En voici la carte.

Les redditions ukrainiennes dans le contexte d’encerclement sont devenues régulières ; il y a également des révoltes de bataillons de volontaires en raison du manque de logistique. Le régime ukrainien n’est pas démocratique ni populaire, il a cherché à forcer les choses, il va en payer très cher le prix : il va avoir énormément de mal à se maintenir dans les prochaines semaines. D’où bien entendu l’acceptation de la candidature à l’Union européenne pour le renforcer. Mais c’est symbolique et on doit s’attendre à du remue-ménage à la tête de l’État ukrainien.

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