Les trente pays membres doivent valider leur candidature.

Le 4 juillet 2022, des négociations ou plus exactement de pseudos-négociations ont eu lieu entre l’OTAN, supervisé par sa secrétaire générale adjointe pour les affaires politiques et la politique de sécurité, l’Allemande Bettina Cadenbach, et le ministre finlandais des Affaires étrangères, Pekka Haavisto, le ministre finlandais de la Défense, Antti Kaikkonen, la ministre suédoise des Affaires étrangères, Ann Linde.

Puis, le 5 juillet 2022, les demandes formelles d’adhésion ont été formellement acceptées, la Turquie ayant accepté ces demandes en l’échange d’une cessation des interventions nordiques dans sa zone d’intérêt, l’accord ayant été mis en place sous la forme d’un memorandum. Il y aura notamment 73 personnes désignées comme terroristes par la Turquie qui seront expulsés pour être jugés par elle.

Désormais, les trente pays membres de l’OTAN doivent chacun donner leur accord pour les deux adhésions, ce qui ne sera qu’une formalité. La Finlande deviendra alors une nouvelle ligne de front où l’affrontement ne pourra qu’être cataclysmique. Cela ne dérange naturellement pas la superpuissance américaine qui réussit ici son coup de transformer le continent en poudrière.

Il est vrai que, de toutes façons, la Finlande et la Suède étaient déjà enserrées dans l’OTAN ; en ce sens, l’intégration militaire des armées des deux pays dans les protocoles d’OTAN ne sera qu’une formalité, car c’était déjà le cas. La non-appartenance de ces deux pays à l’OTAN était une fiction à la fois diplomatique et pour l’opinion publique intérieure. Personne de sérieux ne peut être dupe à ce sujet.

Juste au même moment, à l’occasion de son centième jour de commandement de la marine allemande, le vice amiral Jan Christian Kaack a affirmé que :

« De mon point de vue, la mise en place à court terme d’une expansion efficace de l’arsenal naval dans la région de la mer Baltique est l’étape décisive et nécessaire pour améliorer la disponibilité opérationnelle de la flotte à long terme et à l’avenir. »

Cela signifie que l’Allemagne reprend ses ambitions impériales, la Baltique étant sa zone traditionnelle d’influence historiquement. On est là dans une véritable mobilisation qui ne vise pas autre chose que la guerre pour le repartage du monde. Il est considéré qu’une alliance générale peut permettre de faire tomber la Russie, et si l’Allemagne a hésité au départ, désormais elle se lance de toutes ses forces. La guerre germano-russe, impossible encore à imaginer il y a six mois, de par l’espoir allemand d’un bloc Paris-Berlin-Moscou pour tirer son épingle du jeu, apparaît désormais comme inévitable.

On nage en plein cauchemar et chaque poussée de fièvre s’accompagne désormais immédiatement d’une autre poussée, le tout formant une vaste vague nous conduisant à la guerre, le tout s’entremêlant. Le capitalisme n’a pas du tout de compréhension de ce qu’il fait, mais il avance inexorablement vers la guerre, irrésistiblement attiré vers elle en raison du besoin des grandes puissances de procéder en leur faveur à une redivision du monde.

Il faut néanmoins voir comment vont réagir les masses finlandaise et suédoise, car il existe dans ces deux pays une immense tradition ouvrière. Elle est bien entendu terriblement affaiblie comme partout dans le monde, elle n’en reste pas moins bien présente. Il est vrai également que le nationalisme est omniprésent dans ces deux pays, ayant contaminé l’ensemble des gens, même si souvent sous une forme allégée dans la forme.

Ces deux pays vont en tout cas connaître d’immenses bouleversements à court terme, car ils sont en première ligne dans le prochain conflit contre la Russie. Il faut que le militarisme se systématise – il est vrai que la Suède a réinstauré le service militaire en 2018 déjà, alors que la Finlande est une armée se voulant ancrée dans la population : le pays a moins de six millions d’habitants mais 1,2 million de réservistes, soit autant que la Russie.

Tout cela met d’autant plus la Russie sous pression… renforçant l’engrenage devenant inarrêtable à moins d’un bouleversement dont on ne voit nullement l’horizon. La bataille contre la guerre va être difficile et il faudra pourtant bien la gagner !