La renationalisation d’EDF par Emmanuel Macron

C’est le début du Brexit à la française.

La crise commencée en 2020 a tout chamboulé. Hier, on voulait se passer des énergies fossiles, désormais l’Union européenne considère que l’énergie atomique et le gaz sont écologiques. Hier, on voulait privatiser à tour de bras afin de contribuer à la mondialisation, désormais on se replie sur le capitalisme national pour être au taquet dans la bataille du repartage du monde.

Le 6 juillet 2022, le Premier ministre Élisabeth Borne, qui rappelons le ne dispose pas d’une majorité pour appliquer ses mesures, a annoncé la renationalisation d’EDF, qui appartient à l’État à 84% mais dispose d’une structure très compliquée, à quoi s’ajoutent 96 milliards de dettes, 12 réacteurs nucléaires arrêtés pour corrosion sur 56, etc.

Comme c’est toutefois un mastodonte de la production électrique mondiale, le capitalisme français se précipite pour le revaloriser… C’est le début du Brexit à la française. C’est le début d’un mouvement de repli national du capitalisme français, afin de disposer d’une base la plus solide possible pour faire face aux chocs des affrontements mondiaux.

Élisabeth Borne a d’ailleurs directement abordé cette question de la souveraineté :

« Nous devons assurer notre souveraineté face aux conséquences de la guerre et aux défis colossaux à venir. Nous devons prendre des décisions, que, sur ces bancs mêmes, d’autres ont pu prendre avant nous, dans une période de l’histoire où le pays devait aussi gagner la bataille de l’énergie et de la production. »

On voit déjà tous les nationalistes de gauche, PCF en tête, se précipiter pour saluer la mesure. Pas seulement eux d’ailleurs, car il s’agit de relancer le parc nucléaire français, ce qui va amener un engouement impérial à la française, une grande mobilisation pour un « renouveau » français. Le nationalisme est à l’ordre du jour, le nationalisme « impérial », à la BREXIT ou à l’opération spéciale russe, qui amène à revenir sur ses « fondamentaux » pour disposer de suffisamment de force de frappe dans la bataille pour le repartage du monde.

Vu comment également Europe Écologie Les Verts est désormais entièrement pro-OTAN, il n’y aura rien à attendre de ce côté là niveau anti-nucléaire. En fait, il n’y a même rien à attendre de personne : à moins que le prolétariat ne se ressaisisse, s’organise et assume la lutte de classes, toute les restructurations capitalistes vont passer comme une lettre à la poste.

La renationalisation annoncée d’EDF montre en tout cas bien qu’on a totalement changé d’époque. Emmanuel Macron le libéral qui renforce le rôle de l’État, et il aura l’appui de la CGT très clairement, cela en dit long sur la situation. Et cette tendance à « l’unité nationale » va se renforcer toujours plus. Comme au Royaume-Uni et en Russie, malheur à qui ne soutient pas les plans impériaux !

En ce sens, la renationalisation complète d’EDF est un pas vers la guerre. C’est l’annonce faite à la société qu’il va falloir être unifiée pour insérer le capitalisme français dans l’affrontement mondial. La France se lance elle aussi et il faut s’attendre à d’autres mesures de la même ampleur !

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