Un vrai scandale policier passé sous silence à Paris

Cela montre le caractère officiel des médias et des réseaux sociaux.

On sait comment il est courant du côté populiste de « gauche » de dénoncer à tort et à travers les policiers, ce qui relève d’une fantasmagorie petite-bourgeoise. La Gauche historique a toujours critiqué la police comme institution, comme composante de l’État, un État à remplacer par un autre d’une autre nature. Mais il n’a jamais été question, comme le font les anarchistes, de raconter tout et n’importe quoi afin de se complaire dans les délires anti-État de la petite-bourgeoisie.

Surtout que les policiers ont totalement changé de nature par rapport à il y a trente ans, sans parler d’avant. Ce ne sont plus des fils de paysans ou des gens arriérés et bornés, ce sont littéralement des prolétaires désormais, dont les esprits sont toutefois façonnés par une institution qui elle n’a pas changé de nature, ainsi que par la confrontation au nihilisme social d’un capitalisme en perdition.

C’est cela qui explique l’indifférence criminelle des policiers présents à Paris le 22 juillet 2022 à Paris dans le 15e arrondissement. On aurait pu penser que depuis l’affaire trouverait un écho, mais en fait pas du tout.

Voici les faits, qui parlent d’eux-mêmes. Il y a un local désaffecté sous la station Sèvres-Lecourbe qui est utilisé par des mineurs en perdition, ces fameux « mineurs non accompagnés » venant d’Afrique du Nord. La RATP le sait et a tenté de les empêcher de l’utiliser, mais sans succès. C’est déjà une première faillite, ou plutôt une seconde car le fait que des mineurs non accompagnés, sans papiers et drogués errent dans les rues de Paris est déjà une faillite.

Le soir du 22 juillet 2022, quelques uns de ces mineurs tentent de se frayer un passage vers le local, en passant par le toit que la RATP a renforcé plusieurs fois. La police nationale est alertée et arrive sur les lieux et demande aux jeunes de descendre du toit. Ils refusent et partent sur la voie du métro, qui est aérien sur cette ligne à ce niveau. Que fait la police ? Elle n’a pas le droit d’aller sur les voies du métro, donc… Elle repart. Encore une faillite.

Ensuite des agents GPSR (Groupe de Protection et de Sécurisation des Réseaux) de la RATP vont sur les quais, mais ne voient pas les jeunes. Ils abandonnent les recherches.

Le matin du 23 juillet 2022… le premier métro qui passe entre les stations Pasteur et Sèvres-Lecourbe découvre le corps d’un homme calciné. C’est l’un des mineurs qui s’était enfui. Il n’était pas en fait mineur, c’est un homme de 24 ans, né à Rabat au Maroc, le quotidien Le Parisien s’empressant d’ajouter qu’il était « alcoolisé et ayant pris du Rivotril — un médicament utilisé pour lutter contre les convulsions lors de crises d’épilepsie au moment de son altercation avec la police ».

Cette histoire est terrifiante. On est ici dans une non-assistance à personne en danger dont la première responsabilité va à la police. Il y a ici un sens de la dé-responsabilité qui est aberrant. L’affaire passe pour un fait divers, alors qu’on est littéralement avec des policiers qui laissent les choses se faire, et tant pis pour une vie humaine après tout si les choses tournent mal.

On peut bien entendu expliquer cela facilement humainement à petite échelle, en disant que de toute façon les policiers ne peuvent pas aller dans le métro, que le fuyard était un anti-social drogué, que les policiers n’allaient pas se plier en quatre pour un type pareil qui de toute façon disparaîtrait rapidement dans la nature, etc.

Mais là cette petite échelle n’est plus tenable et reflète un effondrement complet de la société française en général. On peut ne pas le remarquer au niveau individuel, mais qui voit les choses avec envergure comprend bien que c’est la fin d’une époque. C’est Socialisme ou barbarie, et les choses se précipitent.

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