Les points chauds d’un monde en train de craquer militairement

La liste des points principaux du moment.

Le conflit militaire russo-ukrainien, ou quasiment russo-américain, voire sino-américain, n’est qu’un aspect d’une troisième guerre mondiale qui a de fait déjà commencé, propulsée sur les devants de la scène par la crise commencée en 2020. Dressons une liste des points les plus chauds, liste qui s’agrandira rapidement.

Le point le plus chaud et qui va s’avérer rapidement incendiaire est la Grèce et la Turquie. La Turquie collabore économiquement massivement avec la Russie en ce moment, le président turc Recep Tayyip Erdoğan a rendu visite le 5 août au président Vladimir Poutine à Sotchi. Depuis, la Turquie prône… un accord de paix entre l’État syrien et les rebelles qu’elle a elle-même porté à bout de bras. Il s’agit d’avoir les mains libres pour se lancer contre la Grèce, contre laquelle les avertissements et menaces ne cessent pas.

Un autre point très chaud est le Kosovo, la Serbie considérant que c’est la phase où les Serbes vont s’en faire expulser, alors que la Serbie considère ce territoire comme historiquement à elle. Sachant que la Serbie est avec la Russie et que le Kosovo a un régime mis directement en place par la superpuissance américaine, on devine que tout va aller très vite. La question des plaques minéralogiques a suffi à mettre le feu aux poudres la semaine dernière et il suffit d’une nouvelle étincelle pour que tout s’envenime.

Le Nagorny-Karabakh est toujours d’actualité, l’Azerbaïdjan grappillant du terrain ces derniers jours, en considérant que de toutes façons c’est son territoire et que l’Arménie n’a rien à dire. Là aussi il y a un processus en cours.

La guerre entre Israël et le Hezbollah libanais, alors que des affrontements ont eu lieu il y a quelques jours en raison d’attaques israéliennes contre le Jihad Islamique, apparaît elle aussi comme inéluctable. L’aviation israélienne a été particulièrement active le 14 août 2022 et il est considéré que c’est l’activation d’une séquence militaire contre la Syrie.

Il y a également la revue de l’armée algérienne, Al Djeich, qui vient de sortir son nouveau numéro et qui a affirmé qu’il n’y aurait pas de paix avec le Maroc tant que celui-ci n’aurait pas mis un terme à son occupation du Sahara occidental. La question n’est pas de savoir s’il y aura une guerre entre l’Algérie et le Maroc, mais quand.

L’opposition birmane vient d’annoncer qu’elle a mis en place une armée de 100 000 soldats, qui manquent cependant encore de commandement unifié, de logistique et en particulier d’armes, autour de 20% étant des armes fabriquées artisanalement. Mais le régime soutenu par la Chine sait déjà qu’il devra faire face à une rébellion armée de grande ampleur.

Le Pakistan, qui vient de fêter ses 75 ans, est également tiraillé par de multiples faction internes, y compris des factions armées, avec des velléités indépendantistes également avec les Pachtounes pro-Talibans et les Baloutches. Les Tadjiks pro-talibans sont également très actifs et entendent faire vaciller le Tadjikistan ; les talibans afghans leur ont laissé la frontière afghane-tadjik.

La Chine a organisé des manœuvres assez courtes autour de Taïwan à la suite de la visite sur l’île de la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis Nancy Pelosi. Mais les manœuvres sont considérées comme ayant gagné du terrain, se rapprochant toujours plus de l’île, et de toute façon la superpuissance américaine compte réussir coûte que coûte à pousser la Chine à la faute avant que son armée ne soit renforcée à très haut niveau à l’horizon de la décennie 2030.

On voit mal également comment on pourrait échapper à une guerre entre le Vietnam, désormais lié à la superpuissance américaine, et la Chine. Cet affrontement apparaît même comme inéluctable et il est étrange que strictement personne n’aborde jamais la question. La question coréenne redevient également particulièrement tendue, au point qu’une escalade est plus que probable à court terme.

Il est également surprenant qu’on n’entende pas encore parler des contradictions entre les pays sud-américains ; il est évident ici aussi que les choses vont très mal tourner.

En fait, où qu’on se tourne, on voit que la stabilité est mise de côté – les pays capitalistes occidentaux mis à part bien entendu. Là règne encore une opulence consommatrice malgré l’inflation et les protestations « sociales » sont du misérabilisme pour croquer un peu plus du gâteau de la domination mondiale sur l’écrasante majorité des pays du monde.

Mais si tout craque, les pays occidentaux craquent aussi. Et comme tout craque, de partout, du moins comme tout devient particulièrement instable, comme le sol est terriblement glissant, il est évident qu’en France également les choses vont être totalement bousculées, renversées. Et en l’absence de conscience sociale on est bien parti pour un repli sur soi de type impérialiste, avec la volonté de maintenir coûte que coûte le « modèle français » c’est-à-dire le statut de pays capitaliste développé profitant de sa suprématie dans la hiérarchie mondiale.

Qui ne veut pas voir cette corruption consommatrice dans un pays comme la France où les petits propriétaires sont majoritaires est lui-même intégré à ce capitalisme pour l’instant encore triomphant, malgré une société qui se lézarde déjà.

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